Publié le 20 novembre 2025 à 14h04. Une étude de longue haleine menée aux États-Unis confirme que l’activité physique régulière, même après 45 ans, est un facteur de protection significatif contre la démence, y compris chez les personnes présentant une prédisposition génétique.
- L’activité physique régulière réduit le risque de démence de 41 à 45 % chez les personnes les plus actives.
- Rester actif après 45 ans offre une protection, même en présence d’un facteur de risque génétique pour la maladie d’Alzheimer.
- L’étude s’appuie sur les données de la Framingham Heart Study, une cohorte suivie depuis 1948.
Depuis des années, la communauté scientifique souligne les bienfaits de l’activité physique sur la santé cognitive. On sait que l’exercice stimule la circulation sanguine vers le cerveau, favorise la neuroplasticité et réduit l’inflammation chronique, des processus considérés comme protecteurs face au déclin cognitif et à la démence. Mais des questions cruciales demeuraient : à quel âge l’exercice est-il le plus bénéfique ? Et l’activité physique peut-elle compenser une vulnérabilité génétique ?
Une nouvelle recherche, issue de la Framingham Heart Study, apporte des éléments de réponse encourageants. Cette étude de longue durée, débutée en 1948 dans la ville de Framingham, dans le Massachusetts, a suivi plus de 5 000 adultes, puis leurs enfants et conjoints, afin d’identifier les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Les participants ont régulièrement fourni des informations sur leur niveau d’activité physique, allant des activités quotidiennes comme monter les escaliers aux exercices plus intenses.
L’analyse des données de 4 290 participants a révélé que les personnes les plus actives avaient un risque de démence réduit de 41 à 45 % par rapport à celles qui l’étaient le moins, et ce même après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, le niveau d’éducation et d’autres problèmes de santé comme l’hypertension artérielle et le diabète. Il est intéressant de noter que l’activité physique en début d’âge adulte (26-44 ans) n’a pas semblé avoir d’impact significatif sur le risque de démence.
L’étude a également examiné le rôle du gène APOE ε4, un facteur de risque connu pour la maladie d’Alzheimer. Les résultats indiquent que l’activité physique est particulièrement bénéfique pour les personnes porteuses de ce gène, mais seulement à un âge plus avancé. Chez les personnes sans prédisposition génétique, l’activité physique en milieu de vie (45-64 ans) semble offrir une protection, tandis que chez les personnes porteuses du gène APOE ε4, c’est l’activité physique plus tard dans la vie qui est la plus efficace.
Ces découvertes renforcent l’importance de l’activité physique tout au long de la vie pour préserver la santé du cerveau. Elles suggèrent que même si l’on possède une prédisposition génétique à la démence, il est possible de réduire son risque en adoptant un mode de vie actif. Les chercheurs soulignent toutefois que l’étude présente certaines limites, notamment le fait que l’activité physique a été auto-déclarée par les participants, ce qui peut introduire un biais de mémoire. De plus, la cohorte étudiée est majoritairement d’origine européenne, ce qui limite la généralisation des résultats à d’autres populations.
En conclusion, le message est clair : bouger plus, à tout âge, est bénéfique pour le cerveau. Une étude récente suggère qu’une certaine quantité d’exercice hebdomadaire peut réduire le risque de démence de 41 %. Il est important de noter que la sensibilisation à la démence et à ses facteurs de risque reste faible dans certaines communautés, où elle est souvent perçue comme un aspect normal du vieillissement.
Joyce Siette, professeure adjointe et directrice adjointe de l’Institut MARCS pour le cerveau, le comportement et le développement, Université occidentale de Sydney
Cet article est republié à partir de La Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original.