Home Technologie et scienceL’heure du XRP est-elle venue ? Les analystes soutiennent que Ripple pourrait surpasser…

L’heure du XRP est-elle venue ? Les analystes soutiennent que Ripple pourrait surpasser…

by Thomas Caron

Alors que le débat fait rage sur la prochaine cryptomonnaie dominante, XRP, le jeton natif de Ripple, se positionne de plus en plus comme un acteur clé des paiements internationaux, suscitant l’intérêt des analystes et des institutions financières.

Selon Alexander Velásquez et d’autres experts, la force de XRP réside moins dans sa spéculation que dans son infrastructure de paiement déjà opérationnelle. Ripple a développé un réseau capable de traiter actuellement environ 5 milliards de dollars par an et ambitionne de capter 14 % des 150 milliards de dollars transitant par le système bancaire traditionnel. Atteindre cet objectif permettrait à XRP de gérer environ 21 milliards de dollars par an, avec des délais de règlement inférieurs à cinq secondes et des frais quasi nuls.

Le service phare de Ripple, Liquidité à la demande (ODL), permet aux banques et aux institutions financières d’effectuer des paiements transfrontaliers sans avoir besoin de détenir des réserves en devises étrangères, réduisant les coûts de transaction jusqu’à 90 %. Des institutions comme Santander, SBI Remit et Tranglo ont déjà adopté cette technologie, et des pays comme le Bhoutan et les Palaos expérimentent des monnaies numériques basées sur le réseau Ripple.

D’un point de vue technique, XRP se distingue de ses concurrents. Bitcoin, bien qu’il conserve son statut de réserve de valeur, ne traite que 7 transactions par seconde (TPS) avec un temps de confirmation moyen de 10 minutes et des frais variables entre 1 et 10 dollars. « Cette lenteur est incompatible avec le volume requis par le système bancaire moderne », soulignent plusieurs analystes. Ethereum, malgré ses améliorations post-« La Fusion », atteint à peine 17 TPS en moyenne et reste sujet à des congestions et des frais imprévisibles. « Ethereum est un écosystème dynamique pour le développement d’applications, mais pas un réseau de paiement massif », explique Velásquez.

XRP, en revanche, peut traiter 1 500 TPS de manière constante, avec des coûts inférieurs à un centime et des confirmations en quelques secondes. Bien que ces chiffres soient modestes comparés aux systèmes centralisés comme Visa (plus de 20 000 TPS), ils représentent une avancée significative pour un environnement blockchain décentralisé. Solana, avec une capacité théorique dépassant les 60 000 TPS, est confrontée à des interruptions de réseau récurrentes et à une concentration des validateurs, ce qui suscite des inquiétudes quant à sa fiabilité auprès des institutions financières. « Pour une banque centrale, la fiabilité l’emporte sur la rapidité », insistent les experts.

Velásquez estime que le « juste prix » du XRP devrait se situer autour de 66,67 $ par jeton (soit une revalorisation potentielle de plus de 2 600 %). Même dans un scénario plus conservateur, sa valorisation minimale serait d’environ 10,97 $. Il considère que la valeur de XRP réside dans son rôle de « colonne vertébrale du système de paiement du futur ». Il établit une comparaison historique frappante : « XRP est aujourd’hui là où se trouvait Visa avant de révolutionner les paiements dans les années 1970 : une technologie efficace, peu comprise et sur le point d’être adoptée massivement. »

Ripple a renforcé sa position après le lancement de RLUSD, son stablecoin adossé au dollar, et l’annonce de partenariats avec MasterCard, WebBank et Gemini pour traiter les paiements par carte via la blockchain. Selon Brad Garlinghouse, PDG de Ripple, il s’agit de « la consolidation définitive du pont entre la finance traditionnelle et la finance numérique ».

Une analyse technique récente suggère une possible rupture du parallélisme historique entre XRP et Bitcoin, signalant le début d’une phase d’indépendance par rapport au marché dominé par Bitcoin. Actuellement, le XRP se négocie près de 2,26 $ (capitalisation de 136 milliards de dollars), tandis que Bitcoin est aux alentours de 101 900 $ (en baisse de 7,7 % la semaine dernière). Cette divergence, bien que légère, est interprétée par certains comme le début d’un découplage.

Néanmoins, les analystes soulignent que Ripple doit encore surmonter des obstacles, notamment la concurrence des pièces stables comme l’USDT ou l’USDC, et les évolutions réglementaires, telles que le MiCA européen ou les actions de la SEC aux États-Unis. Velásquez et d’autres experts estiment que ces défis seront gérables à long terme, notamment grâce aux projets pilotes de monnaie numérique de banque centrale (CBDC) sur le réseau Ripple, qui renforceraient sa légitimité auprès des régulateurs.

« Si Bitcoin représente l’or numérique et Ethereum l’ordinateur décentralisé du monde, XRP pourrait être le système circulatoire du nouvel ordre financier », résume un rapport de SoSoValeur.

La question n’est donc pas de savoir si XRP dépassera Bitcoin ou Ethereum en termes de capitalisation, mais s’il parviendra à devenir la norme invisible qui fait circuler l’argent de la planète. Et cette possibilité, soutenue par les banques, les gouvernements et les fonds d’investissement, est ce qui permet au marché de surveiller de près la prochaine évolution du jeton le plus controversé – et potentiellement transformateur – du secteur.

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