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L’hormone du bonheur pourrait mettre fin au cancer

by Sophie Martin

Publié le 16 novembre 2023 10h30. Longtemps considérée comme l’hormone du bonheur, la sérotonine est désormais au cœur de nouvelles recherches qui suggèrent un rôle inattendu dans le développement et la progression de certains cancers. Des scientifiques explorent les mécanismes par lesquels cette molécule pourrait activer des gènes favorisant la croissance tumorale.

  • Environ 95 % de la sérotonine produite dans le corps est fabriquée dans l’intestin, et non dans le cerveau.
  • Des études récentes indiquent que la sérotonine peut interagir directement avec l’ADN, influençant l’activité des gènes.
  • Des recherches sont en cours pour cartographier les points de liaison de la sérotonine sur l’ADN, ouvrant la voie à de potentiels traitements épigénétiques contre le cancer.

La sérotonine, traditionnellement associée à la régulation de l’humeur et au bien-être, pourrait avoir un rôle bien plus complexe que ce que l’on pensait. Des découvertes récentes suggèrent que cette molécule, produite en grande majorité dans l’intestin, pourrait également influencer le développement de certains cancers.

Contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas le cerveau qui est le principal producteur de sérotonine. En réalité, près de 95 % de cette hormone est synthétisée dans l’intestin. Elle est ensuite diffusée dans tout l’organisme via la circulation sanguine, atteignant des organes vitaux tels que le foie, le pancréas, les muscles, les os, les tissus adipeux et les cellules immunitaires. Au-delà de son impact sur l’humeur, la sérotonine joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions physiologiques, notamment la régulation de la glycémie, le maintien de la température corporelle, la santé osseuse, l’appétit, le transit intestinal, les fonctions sexuelles et la cicatrisation.

En 2019, une équipe de l’Icahn School of Medicine de New York a fait une découverte surprenante : la sérotonine est capable de pénétrer dans les cellules et d’interagir directement avec l’ADN. Les recherches ont révélé que la sérotonine se lie à des « interrupteurs » moléculaires qui contrôlent l’expression des gènes, c’est-à-dire si un gène est activé ou non. Ce mécanisme pourrait ainsi activer des gènes impliqués dans la croissance tumorale.

Des études ultérieures ont confirmé cet effet dans les cancers du cerveau, du foie et du pancréas. Les scientifiques estiment que ce phénomène pourrait également être observé dans d’autres types de cancer. Pour mieux comprendre cette interaction, des chercheurs de l’Université de Limerick en Irlande s’efforcent de cartographier précisément les points de liaison de la sérotonine sur l’ADN.

L’objectif est de développer des traitements épigénétiques, une approche thérapeutique qui vise à activer ou désactiver des gènes sans modifier la séquence d’ADN. En d’autres termes, il s’agirait de désactiver les gènes nocifs des cellules cancéreuses tout en stimulant l’activité des gènes bénéfiques. Si cette approche s’avère efficace, elle pourrait conduire à des traitements plus ciblés et moins invasifs que la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie conventionnelles.

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