Faire du travail dégradé, c’est dégradant
, résume Yann Ferguson, sociologue et directeur scientifique du Labor IA, selon une enquête publiée par Franceinfo.
Les demandes visant à corriger, améliorer ou achever un travail issu de l’IA ont bondi de 70% sur un an, d’après une étude menée par la plateforme Upwork en août 2026, citée par Franceinfo.
Bond de 70 % des demandes de correction
Graphistes, illustrateurs et animateurs indépendants subissent cette mutation. Franceinfo rapporte le cas de Mickael, motion designer indépendant depuis 15 ans, dont près d’un quart des commandes se limitent désormais à du bricolage sur des fichiers figés produits par des clients via l’intelligence artificielle.
De plus en plus de professionnels de la création visuelle se voient confier la correction ou la finition de projets générés par l’intelligence artificielle, pour des rémunérations nettement inférieures, d’après les données rapportées par Franceinfo.
Tarifs divisés par cinquante
Là où il facturait auparavant 500 euros l’animation d’une mascotte de lama, ce professionnel touche aujourd’hui entre 5 et 10 euros pour corriger les artefacts et les baves générés par des outils comme Grok ou Kling, selon Franceinfo.
Julien, graphiste installé à Montreuil et interrogé par Franceinfo, a dû fermer son agence après avoir vu son chiffre d’affaires chuter des deux tiers en l’espace d’un an.
On n’est pas là pour venir faire la petite main exécutante d’idées qui, à la base, sont mauvaises.
Julien, graphiste, cité par Franceinfo
Tentatives de régulation
Pour Yann Ferguson, directeur scientifique du Labor IA, la situation entraîne un double appauvrissement matériel et spirituel, les professionnels devant multiplier les interventions de moindre valeur pour subsister, d’après les informations de Franceinfo.
En parallèle, de grandes agences de communication tentent d’encadrer ces pratiques à travers des manifestes, réservant l’intelligence artificielle au maquettage des campagnes tout en confiant la production finale à des réalisateurs et des photographes, indique Franceinfo.