Cinquante personnes ayant frôlé la mort ont dessiné l’espace de leur expérience, révélant un lien inattendu entre la géométrie des visions et les couleurs perçues.
L’étude, publiée en novembre 2026 dans la revue Frontiers in Psychology sous l’intitulé « The perceptual geometry and chromaticity of near-death experience spaces » (doi: 10.3389/fpsyg.2026.1760389), a été menée par une équipe internationale de chercheurs incluant France Lerner, de l’Université de Haïfa en Israël, ainsi que PCR dos Santos et G. Tahar.
Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des récits verbaux souvent difficiles à exprimer, l’équipe a demandé aux participants de représenter leurs souvenirs visuels à l’aide d’un catalogue de pictogrammes géométriques lors de sessions en ligne guidées, combinant un questionnaire numérique semi-structuré et des tâches de reconstruction graphique étape par étape.

Malgré la nature très personnelle de ces vécus, les graphiques ont fait apparaître quatre catégories principales d’espaces visuels : des formes coniques incluant le tunnel classique, des espaces larges et incurvés semblables à des arcades, des structures plus doucement galbées, ainsi que des environnements enveloppants évoquant l’intérieur d’une sphère ou d’un ovale.
Les chercheurs ont mis au jour une correspondance marquée entre ces géométries et la palette chromatique rapportée. Sur les 28 espaces coniques reconstruits par les participants, 22 étaient achromatiques, perçus en noir, blanc, gris ou en lumière sans couleur discernable. À l’inverse, 27 des 31 espaces larges et incurvés ont été vus en couleur.
« Et malgré la nature profondément personnelle des expériences, certaines formes revenaient sans cesse »,
France Lerner et ses collègues, Frontiers in Psychology, 2026
Plusieurs participants ont décrit une transition lumineuse lors de leur parcours. L’un d’eux, tel que rapporté dans les travaux, a indiqué s’être déplacé dans un tunnel dont l’obscurité s’éclaircissait progressivement au fil de sa progression, démarrant « comme la nuit » pour s’achever en « aube grise ».
Un autre a schématisé un espace immense décrit comme « infiniment grand », divisé en zones sombres et lumineuses, sa position personnelle étant repérée par une croix.
Des réponses physiologiques et des perturbations visuelles, telles qu’un apport réduit en oxygène pour les yeux ou le cerveau, ont été suggérées par des scientifiques pour expliquer de tels phénomènes, un apport restreint d’oxygène pouvant provoquer une vision tubulaire semblable aux tunnels de lumière. De même, des conditions de faible luminosité amènent naturellement les yeux à s’adapter différemment.

Bruce Greyson, psychiatre à l’Université de Virginie ayant étudié ces phénomènes pendant des décennies, a indiqué qu’entre 10 % et 20 % des survivants d’un arrêt cardiaque rapportent avoir vécu une telle expérience.
L’équipe de recherche souligne néanmoins que ces similarités ne démontrent pas un lien de cause à effet, les participants s’appuyant sur des souvenirs parfois anciens et la cohorte étant constituée de volontaires autoselectionnés sans groupe témoin.