Publié le 17 octobre 2024. L’ibuprofène, un analgésique courant, pourrait avoir des propriétés anticancéreuses, selon une étude récente. Les recherches suggèrent un lien entre sa consommation régulière et une réduction du risque de cancer de l’endomètre, mais les experts mettent en garde contre l’automédication.
- Une étude portant sur plus de 42 000 femmes révèle qu’une consommation régulière d’ibuprofène (au moins 30 comprimés par mois) est associée à une diminution de 25 % du risque de cancer de l’utérus.
- Les propriétés anti-inflammatoires de l’ibuprofène pourraient jouer un rôle dans la prévention de plusieurs types de cancer, notamment ceux du côlon, du sein, du poumon et de la prostate.
- Malgré ces résultats prometteurs, les experts insistent sur la nécessité de ne pas s’auto-médiquer avec de l’ibuprofène en raison des effets secondaires potentiels.
L’inflammation est depuis longtemps reconnue comme un facteur clé dans le développement du cancer. Dès les années 1990, des études préliminaires avaient suggéré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), dont l’ibuprofène fait partie, pouvaient avoir un effet protecteur contre certains types de cancer. Une étude menée à cette époque avait notamment montré une réduction du nombre de nouveaux cas de cancer du côlon chez les personnes prenant des médicaments similaires.
La nouvelle étude, publiée dans le European Medical Journal, s’est concentrée sur le cancer de l’endomètre, une affection qui touche principalement les femmes ménopausées et se manifeste par des saignements vaginaux anormaux, des douleurs ou un inconfort pelvien. Les chercheurs ont suivi plus de 42 000 femmes âgées de 55 à 74 ans pendant une période de 12 mois. Les résultats ont révélé que celles qui prenaient au moins 30 comprimés d’ibuprofène par mois présentaient un risque réduit de 25 % de développer un cancer de l’utérus par rapport à celles qui en prenaient moins de quatre. Cet effet protecteur semblait particulièrement marqué chez les femmes souffrant de maladies cardiaques.
Au-delà du cancer de l’endomètre, d’autres recherches suggèrent que l’ibuprofène pourrait également réduire le risque de cancer du côlon, du sein, du poumon et de la prostate. Des études ont démontré que l’administration d’un analgésique pouvait non seulement inhiber la croissance des cellules cancéreuses du côlon, mais également prévenir leur réapparition. Des indications préliminaires suggèrent également un effet protecteur contre le cancer du poumon chez les fumeurs.
Cependant, les experts mettent en garde contre une utilisation inappropriée de l’ibuprofène. Malgré les résultats encourageants, les AINS, dont l’ibuprofène, peuvent entraîner des effets secondaires indésirables tels que des ulcères d’estomac, des lésions rénales ou des problèmes cardiaques. Il est donc crucial de ne pas s’auto-médiquer et de consulter un professionnel de santé avant de prendre de l’ibuprofène de manière régulière.
Les chercheurs soulignent la nécessité de mener d’autres études à grande échelle pour confirmer l’effet anticancéreux de l’ibuprofène. Si ces résultats sont confirmés, ce médicament pourrait jouer un rôle important dans la prévention du cancer, en particulier chez les personnes présentant un risque accru.
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