Le traitement à la testostérone et son impact sur les médicaments respiratoires

Une étude de cohorte nationale danoise suggère que le traitement systémique à la testostérone pourrait influencer l’utilisation des médicaments respiratoires chez les hommes. Selon ces travaux, l’instauration d’une thérapie à la testostérone est associée à une réduction différée de l’usage des corticostéroïdes inhalés chez les patients masculins qui en étaient déjà dépendants.
L’analyse, publiée dans la revue *Respiratory Medicine* (2026), a porté sur 858 hommes ayant initié un traitement à la testostérone entre 1995 et 2022. Les chercheurs ont observé que l’exposition aux corticostéroïdes inhalés est restée stable durant les 18 premiers mois suivant le début de la thérapie hormonale. Une réduction statistiquement significative a toutefois été constatée entre 18 et 24 mois, avec une diminution moyenne de 54 μg en dose équivalente de budésonide. Cette baisse a été principalement observée chez les participants souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), plutôt que chez ceux atteints d’asthme ou d’un syndrome de chevauchement asthme-BPCO.
Complexité des effets sur les symptômes respiratoires

Bien que le besoin en corticostéroïdes ait diminué, les chercheurs ont noté une dynamique différente concernant les médicaments de secours. L’utilisation d’agonistes bêta-adrénergiques à courte durée d’action (SABA) a augmenté après l’instauration de la testostérone. Cette hausse n’était pas statistiquement significative à l’échelle globale, mais chez les patients âgés de plus de 45 ans, l’utilisation de SABA a progressé en moyenne de 111 doses par semestre.
Les taux d’exacerbation n’ont pas montré de changement significatif après le début du traitement. Cependant, les auteurs ont relevé des tendances numériques vers une augmentation des taux d’exacerbation annualisés, rendant les implications cliniques précises encore incertaines. Le délai observé dans la réduction des corticostéroïdes pourrait refléter un effet immunomodulateur graduel de la testostérone, bien que l’étude ne puisse établir un lien de causalité direct.
Précautions et limites de l’étude
Les auteurs de l’étude soulignent que les données basées sur les prescriptions peuvent ne pas refléter fidèlement l’observance réelle, le contrôle de la maladie ou les indications précises du traitement chez tous les participants. En raison de l’augmentation concomitante de la prise de médicaments de secours, particulièrement chez les adultes plus âgés, les experts recommandent une surveillance étroite lorsque des androgènes systémiques sont prescrits à des personnes souffrant de maladies obstructives des voies respiratoires.
Considérations cliniques sur la testostérone et la santé mentale

La question de l’usage de la testostérone dépasse le cadre respiratoire, notamment en raison de ses effets potentiels sur la santé mentale. Des rapports cliniques soulignent qu’une administration non supervisée de préparations à la testostérone peut induire des symptômes de manie, particulièrement chez les individus ayant des antécédents de troubles bipolaires.
Par ailleurs, les confusions entourant les thérapies hormonales sont fréquentes. Selon une enquête menée en janvier 2026 auprès de plus de 200 médecins, environ 75 % des patients consulteraient en ayant des idées reçues majeures sur la testostérone. Parmi les mythes les plus courants, on retrouve l’idée erronée que la thérapie de remplacement de la testostérone (TRT) augmenterait systématiquement le risque cardiaque ou causerait une infertilité permanente.
Points clés sur la sécurité et les idées reçues
* Santé cardiovasculaire : Des études modernes, dont l’essai TRAVERSE de 2023, n’ont pas démontré d’augmentation du risque d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral sous TRT médicalement supervisée.
* Fertilité : Pour la majorité des hommes, l’effet de la TRT sur la production de sperme est temporaire et réversible à l’arrêt du traitement.
* Comportement : Contrairement à l’usage illicite de stéroïdes anabolisants à doses supraphysiologiques, la TRT supervisée est conçue pour ramener les niveaux hormonaux dans une plage physiologique, ce qui peut réduire l’irritabilité associée à un déficit en testostérone.
En conclusion, si la testostérone peut avoir des effets notables sur les schémas médicamenteux respiratoires chez les patients BPCO, son usage nécessite une évaluation rigoureuse, une surveillance médicale continue et une distinction claire entre les thérapies hormonales supervisées et l’usage de substances anabolisantes.
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