Publié le 7 octobre 2025 à 10h43. Le gouvernement espagnol autorise l’utilisation de médicaments à base de cannabis pour un usage médical strictement encadré, offrant une nouvelle option thérapeutique aux patients souffrant de certaines pathologies chroniques et réfractaires aux traitements conventionnels.
- Le Conseil des ministres a approuvé un décret royal réglementant la préparation et la prescription de formules magistrales à base de cannabis standardisé.
- Cette mesure vise à améliorer la qualité de vie des patients atteints de douleurs chroniques, d’épilepsie sévère ou de sclérose en plaques.
- La surveillance médicale et pharmaceutique sera rigoureuse, et l’Agence espagnole pour les médicaments et les produits de santé (AEMP) définira les conditions d’utilisation dans les trois mois.
L’Espagne franchit une étape importante dans sa politique de santé en autorisant l’accès à des médicaments dérivés du cannabis pour un usage médical. Cette décision, saluée par les associations de patients, répond à une demande de longue date pour offrir une alternative thérapeutique aux personnes souffrant de pathologies invalidantes pour lesquelles les traitements classiques se révèlent inefficaces.
L’Observatoire du cannabis médicinal espagnol a exprimé sa grande satisfaction face à cette annonce, soulignant l’espoir qu’elle représente pour « des milliers de personnes vivant avec une douleur insupportable et désespérée ». Sa présidente, Carola Pérez, a déclaré :
« C’est superconsat d’avoir mené une lutte épuisante en défendant le droit au soulagement. »
Elle a qualifié cette journée d' »historique », rappelant les efforts considérables déployés pour faire de ce décret une réalité.
Le nouveau décret royal, demandé par la Commission de santé et de consommation du Congrès des députés, précise que les formules magistrales à base de cannabis devront être prescrites exclusivement par des médecins spécialistes hospitaliers, sur présentation de justificatifs cliniques documentés. Leur préparation sera réservée aux services de pharmacie hospitalière autorisés. Une surveillance partagée entre le médecin prescripteur et le pharmacien hospitalier permettra d’évaluer l’efficacité du traitement et de détecter d’éventuels effets indésirables.
Les organisations internationales ont reconnu les bénéfices potentiels du cannabis dans certaines conditions cliniques spécifiques, notamment la spasticité associée à la sclérose en plaques, certaines formes graves d’épilepsie réfractaire, les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie, ainsi que les douleurs chroniques réfractaires. Le ministère de la Santé, dirigé par Mónica García, explique que dans ces cas, les médicaments disponibles peuvent s’avérer insuffisants et que les préparations magistrales à base de cannabis constituent une alternative thérapeutique prometteuse, toujours sous contrôle médical strict.
Le décret royal ne fixe pas de liste exhaustive d’indications. L’Agence espagnole pour les médicaments et les produits de santé (AEMP) publiera dans les trois mois des monographies précisant les utilisations cliniques autorisées, ainsi que les conditions spécifiques d’élaboration, de posologie et de prescription. Dans des situations exceptionnelles de vulnérabilité, de dépendance ou d’isolement géographique, les communautés autonomes pourront mettre en place des mécanismes de dispensation à distance, garantissant ainsi un accès équitable à ces traitements.