Home SantéL’imagerie TEP révèle quels patients se rétabliront (ou non) après une crise cardiaque • Healthcare-in-Europe.com

L’imagerie TEP révèle quels patients se rétabliront (ou non) après une crise cardiaque • Healthcare-in-Europe.com

by Sophie Martin

Publié le 25 octobre 2024 06:04:00. Une nouvelle approche d’imagerie médicale, combinant la tomographie par émission de positons (TEP) à une molécule spécifique, pourrait permettre de mieux prédire l’évolution du cœur après un infarctus et d’identifier les patients nécessitant une prise en charge anti-inflammatoire personnalisée.

  • La TEP ciblée sur la protéine CXCR4 révèle une inflammation persistante au-delà de la zone directement touchée par l’infarctus.
  • Cette inflammation est corrélée à un risque accru de dysfonctionnement ventriculaire gauche et d’insuffisance cardiaque.
  • Cette technique pourrait guider le développement de thérapies réparatrices et anti-inflammatoires adaptées à chaque patient.

Les méthodes d’imagerie cardiaque traditionnelles, telles que l’imagerie de perfusion myocardique (MPI) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque, se concentrent principalement sur l’évaluation des dommages tissulaires irréversibles survenus lors d’un infarctus du myocarde (AMI). Cependant, elles ne permettent pas de suivre l’évolution de la réponse inflammatoire qui joue un rôle crucial dans la guérison du cœur. C’est pourquoi des chercheurs se sont intéressés à la protéine CXCR4, dont l’activité augmente peu après un infarctus.

Pour tester leur hypothèse, une équipe a réalisé une évaluation complète, combinant TEP ciblée sur CXCR4, MPI et IRM cardiaque, sur 49 patients dans les premiers jours suivant un AMI. Une IRM cardiaque de suivi a ensuite été effectuée environ huit mois plus tard chez 40 de ces patients. Les résultats ont montré que l’augmentation de l’activité de CXCR4 ne se limitait pas à la zone du cœur directement endommagée par l’infarctus, mais s’étendait à la zone péri-infarcteuse, c’est-à-dire les tissus environnants. De plus, cette activité accrue était corrélée à un dysfonctionnement ultérieur du ventricule gauche, la principale chambre de pompage du cœur.

« Les modalités d’imagerie conventionnelles quantifient principalement l’étendue des lésions tissulaires irréversibles, mais ne capturent pas la réponse inflammatoire dynamique qui régit la guérison », explique Johanna Diekmann, chercheuse impliquée dans l’étude. « En intégrant la TEP ciblée sur CXCR4, nous pouvons identifier les patients qui présentent une inflammation excessive ou prolongée, ce qui peut les prédisposer à un remodelage indésirable du cœur et à une insuffisance cardiaque. »

Selon les chercheurs, cette nouvelle approche pourrait permettre une meilleure stratification des risques et guider le développement de thérapies anti-inflammatoires ou réparatrices, ouvrant la voie à une médecine de précision en cardiologie. « Cette approche pourrait à terme faciliter les stratégies thérapeutiques guidées par l’image, permettant à la médecine nucléaire de jouer un rôle actif dans la surveillance et l’optimisation des interventions qui modulent l’inflammation, la réparation et la régénération après une lésion cardiaque », ajoute Johanna Diekmann.

Source: Société de médecine nucléaire et d’imagerie moléculaire

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