Home MondeL’Inde sur le bord? Iran, Pakistan Revive Chabahar-to Turkey Rail Link, approfondir les liens stratégiques et les couloirs commerciaux | Nouvelles mondiales

L’Inde sur le bord? Iran, Pakistan Revive Chabahar-to Turkey Rail Link, approfondir les liens stratégiques et les couloirs commerciaux | Nouvelles mondiales

by Clara Dubois

New Delhi: L’Iran et le Pakistan ont officialisé un partenariat renouvelé qui ouvre de nouvelles voies de transport et élargit les liens commerciaux dans la région. Lors de sa première visite officielle au Pakistan, le président iranien Masoud Pezeshkian a signé une série d’accords bilatéraux visant à stimuler la coopération économique, technique et stratégique entre les deux voisins.

Les responsables des deux pays ont confirmé que les produits pakistanais auront désormais un accès par voie terrestre aux marchés européens et russes à travers le territoire iranien. Les analystes considèrent ce mouvement comme un changeur de jeu potentiel pour la logistique régionale. Ils disent que cela offrira une alternative aux voies d’expédition maritimes traditionnelles qui peuvent être plus lentes et plus coûteuses.

Ce lien commercial terrestre devrait être intégré au Corridor de transport nord-sud (INSC), un réseau commercial multimodal qui commence au port de Mumbai en Inde et traverse l’Iran pour atteindre la Russie et l’Europe.

L’Inde et la Russie ont activement développé ce couloir, et l’inclusion du Pakistan soulève des questions sur les nouvelles dynamiques dans la région.

L’alignement Iran-Pakistan aborde également les ambitions plus larges de Pékin. La Chine explore les moyens de relier son corridor économique de Chine-Pakistan (CPEC) au couloir international des transports nord-sud (INSC), qui pourrait permettre aux biens chinois de se déplacer par l’Iran et d’accès au Golfe et en Asie centrale. Cela réduira la dépendance du détroit de Malacca.

Avec une forte présence navale de l’Inde et des États-Unis dans cette région, Pékin a recherché des alternatives stratégiques pour protéger les routes commerciales.

Dans le cadre du nouveau partenariat, l’Iran et le Pakistan ont fixé un objectif pour augmenter le commerce bilatéral de 3 milliards USD à 10 milliards USD. Les deux parties ont encadré cet objectif comme un pas vers la coopération économique renforcée et l’intégration régionale à long terme.

Le président Pezeshkian a obtenu un accueil inhabituel à Islamabad, le Premier ministre Shehbaz Sharif le recevant personnellement à Nur Khan Airbase. Le geste a été considéré par beaucoup comme un signal de la gravité du Pakistan considérant sa relation avec Téhéran.

La visite intervient également à un moment où Islamabad équilibre les liens avec les États-Unis tout en cherchant un engagement plus étroit avec l’Iran.

Les responsables pakistanais auraient également soulevé la question des groupes séparatistes baloutques opérant à travers la frontière, dont certains prétendent qu’Islamabad reçoit un soutien de l’étranger.

Un point culminant majeur de la visite a été le renouveau du projet ferroviaire Islamabad-Tehran-Istanbul. Les deux pays ont convenu de restaurer et d’opérationnaliser la ligne de chemin de fer de 6 540 kilomètres qui relie l’Asie du Sud à l’Europe via la Turquie.

Une fois qu’il reprend des opérations complètes, le voyage prendra environ 10 jours, ce qui sera une amélioration majeure par rapport à la route maritime de 21 jours. La division du chemin de fer s’étend sur 1 990 kilomètres au Pakistan, 2 603 kilomètres en Iran et 1 950 kilomètres en Turquie. Bien que le projet ait été initialement lancé en 2009, il a fait face à des retards répétés. Les responsables espèrent désormais raviver le couloir à pleine capacité.

Pour l’Inde, les développements ont de sérieuses implications stratégiques. L’Iran et le Pakistan ont discuté de la liaison du port iranien de Chabahar, que l’Inde a aidé à construire, avec le port de Gwadar du Pakistan, qui est exploité par la Chine.

Les dirigeants iraniens ont exprimé leur intérêt à connecter les deux ports via des voies commerciales et logistiques. Ce lien maritime proposé pourrait diluer l’influence stratégique de l’Inde dans la région et donner à la Chine un meilleur accès aux eaux du Golfe.

Gwadar a déjà été un point focal de l’investissement en infrastructure chinoise, avec des rapports suggérant qu’une future installation navale chinoise pourrait être en cours. Si Chabahar et Gwadar sont connectés, cela pourrait remodeler l’équilibre géopolitique des infrastructures portuaires en mer d’Oman et créer de nouvelles préoccupations stratégiques pour New Delhi.

La série d’accords signés lors de la visite du président Pezeshkian marque un tournant dans les relations Iran-Pakistan. Alors que le paysage régional continue d’évoluer, les implications de ces développements devraient résonner bien au-delà de l’Asie du Sud.

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