De plus en plus de jeunes Chinois renoncent à la course effrénée au succès pour adopter un mode de vie minimaliste et abordable. Tom Jia, un influenceur de 28 ans, cartographie les villes chinoises idéales pour cette nouvelle tendance, baptisée « Tangping » ou « s’allonger à plat ».
Tom Jia a quitté son emploi à Shenzhen, l’une des villes les plus chères de Chine, en 2023 pour se lancer dans un voyage à travers le pays à bord d’un camping-car. Son objectif : identifier les endroits où il est possible de vivre simplement, sans les pressions financières et le stress des grandes métropoles. Il partage ses découvertes avec une communauté grandissante de plus de 400 000 abonnés.
Le « Tangping », ou « s’allonger à plat » (躺平 – tǎngpíng), est un mouvement qui gagne du terrain en Chine, en particulier chez les jeunes générations. Il s’agit d’une forme de résistance discrète face à une société qui impose des exigences élevées en matière de travail, de logement et de mariage. Les adeptes de ce mode de vie choisissent de faire le strict minimum, acceptant des revenus modestes et renonçant aux ambitions matérielles.
Tom Jia a transformé sa recherche en une série de vidéos et en un tableur détaillé qui recense désormais plus de 100 villes. Dans ses reportages, il rencontre les habitants, visite des appartements et explore les différents quartiers. Il évalue ensuite chaque ville selon une douzaine de critères, notamment la qualité des transports en commun, le coût de la vie et l’accès à la nature.
L’essor du « Tangping » coïncide avec un ralentissement économique en Chine, amorcé après l’effondrement du marché immobilier en 2021. Cet effondrement a entraîné une surabondance de logements vacants dans les petites villes, rendant l’accès au logement plus abordable.
Actuellement, Tom explore la ville de Haikou, sur demande de sa communauté. Ses revenus, provenant du streaming et des dons de ses spectateurs, couvrent désormais environ la moitié de ses dépenses mensuelles. Son nouvel appartement à Kunming, avec vue sur les montagnes, lui coûte un cinquième du prix qu’il payait à Shenzhen.
« Je voulais montrer qu’il existe d’autres façons de vivre, plus sereines et moins coûteuses », explique Tom Jia. « Il est possible de trouver un équilibre et de profiter de la vie sans se laisser écraser par les attentes de la société. »
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