L’intelligence artificielle (IA) pourrait bien révolutionner la découverte de médicaments, promettant de réduire drastiquement les coûts et les délais de mise sur le marché de nouveaux traitements. Face à cette avancée, un appel se fait entendre pour une réorientation radicale des financements et des réglementations dans le secteur de la santé.
Le système de santé américain est confronté à des défis majeurs. Les dépenses de santé ont doublé en quarante ans, passant de 8 % du produit national brut (PNB) en 1980 à 17 % aujourd’hui, et devraient dépasser les 20 % d’ici 2030. Le gouvernement fédéral finance environ un tiers de ces coûts, une situation jugée insoutenable compte tenu d’un déficit fédéral global de 37 000 milliards de dollars.
Parallèlement, le développement d’un nouveau médicament est un processus long et coûteux, nécessitant en moyenne 18 ans de recherche fondamentale et 12 ans d’essais cliniques, pour un coût dépassant désormais les 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) par médicament approuvé. Cette complexité et ces coûts élevés découragent l’investissement privé, laissant le gouvernement fédéral et les fondations caritatives assumer la quasi-totalité du financement de la recherche fondamentale, à hauteur de 44 milliards de dollars (environ 40,7 milliards d’euros) par an.
Cependant, une lueur d’espoir émerge avec l’IA. Des entreprises comme Insilico Medicine, Atomwise et Recursion exploitent les capacités de l’IA pour accélérer chaque étape du développement de médicaments, de l’identification des cibles thérapeutiques aux essais cliniques. D’autres acteurs, tels que BenevolentAI, Insitro, Owkin et Schrödinger, ainsi que des fournisseurs de technologie comme Nvidia, contribuent à cette révolution en fournissant l’infrastructure nécessaire.
L’IA excelle notamment dans la création de documentation clinique complète à partir de données brutes, réduisant ainsi les coûts de conformité réglementaire qui représentent jusqu’à 30 % du budget total. Mais son véritable potentiel réside dans sa capacité à générer de nouvelles connaissances en explorant la complexité des interactions biologiques, une approche particulièrement prometteuse pour des maladies complexes comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, l’autisme et les maladies chroniques multiples.
Pour tirer pleinement parti de ces avancées, il est impératif d’adapter la réglementation. Plutôt que d’appliquer les procédures existantes aux recherches basées sur l’IA, le gouvernement devrait développer un processus accéléré pour les traitements multivariables efficaces. Une proposition consiste à regrouper les essais cliniques en une seule phase continue, permettant une évaluation en temps réel de la sécurité et de l’efficacité. Une fois qu’un certain nombre de participants (par exemple 1 000) auront démontré l’efficacité et répondront aux protocoles de sécurité, le traitement pourrait être approuvé, le rôle du gouvernement se limitant à un audit et une validation des résultats.
En conclusion, l’IA offre une opportunité unique de transformer la découverte de médicaments et de réduire les coûts de santé. Pour cela, il est crucial de réorienter les financements publics vers la recherche basée sur l’IA, en particulier pour les maladies les plus coûteuses et les plus difficiles à traiter, et d’adapter la réglementation pour accélérer l’arrivée de nouveaux traitements sur le marché.