Pékin a été le théâtre d’une percée diplomatique majeure : l’Iran et l’Arabie saoudite ont annoncé la reprise de leurs relations diplomatiques, rompues depuis sept ans. Cet accord, conclu après des négociations intenses, pourrait marquer un tournant dans la stabilité régionale.
L’annonce officielle, faite vendredi, a été scellée par une déclaration conjointe signée par Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Musaid Al Aiban, conseiller à la sécurité nationale saoudienne, et Wang Yi, directeur du Bureau de la Commission centrale des affaires étrangères du Parti communiste chinois. Les ambassades et les missions diplomatiques rouvriront dans les deux mois à venir, selon les termes de l’accord.
Les pourparlers, qui se sont déroulés sous l’égide de la Chine, font suite à une rencontre en février dernier entre le président iranien Ebrahim Raeisi et son homologue chinois Xi Jinping, également à Pékin. « À la suite des pourparlers, la République islamique d’Iran et le Royaume d’Arabie saoudite ont convenu de reprendre leurs relations diplomatiques et de rouvrir leurs ambassades et missions dans un délai de deux mois », précise le communiqué commun.
Les deux pays se sont engagés à respecter mutuellement leur souveraineté et à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de l’autre. Ils ont également réaffirmé leur intention de mettre en œuvre deux accords de coopération signés en 2001 et 1998, visant à renforcer la collaboration économique, commerciale, scientifique et culturelle.
L’Iran et l’Arabie saoudite ont souligné leur détermination commune à œuvrer pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Les délégations iranienne et saoudienne, dirigées respectivement par Shamkhani et Aiban, ont mené plusieurs réunions au cours des cinq derniers jours, avec le soutien du président chinois Xi Jinping, qui a encouragé le renforcement des liens entre Téhéran et Riyad.
Les négociations ont été motivées par la volonté des deux parties de résoudre leurs différends par le dialogue et la diplomatie, dans le respect des principes de la Charte des Nations Unies et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
La rupture des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran remonte à janvier 2016, suite à l’attaque de l’ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants iraniens, en réaction à l’exécution du religieux chiite Cheikh Nimr Baqir al-Nimr par les autorités saoudiennes. Cinq cycles de négociations avaient déjà eu lieu à Bagdad, capitale irakienne, depuis avril 2021.
Dans leur déclaration, l’Iran et l’Arabie saoudite ont exprimé leur gratitude à l’Irak et à Oman pour leur rôle d’hôtes des pourparlers en 2021 et 2022, ainsi qu’aux dirigeants chinois pour leur accueil et leur soutien.
Avant l’annonce officielle, Ali Shamkhani a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani, saluant les efforts considérables de Bagdad pour préparer le terrain à cet accord. Shamkhani a qualifié les négociations de « franches, transparentes et globales », estimant que la dissipation des malentendus et une vision tournée vers l’avenir favoriseront la stabilité régionale et la coopération entre les pays du Golfe Persique et le monde islamique.
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