Le chef de la sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a menacé de cibler les infrastructures numériques du Golfe, incluant câbles sous-marins et centres de données, en cas de reprise des hostilités avec les États-Unis.
La menace de Mohsen Rezaei sur les infrastructures numériques
Mohsen Rezaei, à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a averti que les infrastructures technologiques critiques de la région, telles que les « câbles sous-marins, les centres de données et les installations d’IA », pourraient être visées par des attaques si la guerre avec les États-Unis reprenait. Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte où la capture de territoires yéménites le long de la mer Rouge par les Houthis, soutenus par l’Iran, a accru les préoccupations pour la sécurité des câbles reliant l’Asie et l’Europe. Par ailleurs, Rezaei a jugé la réponse actuelle de Washington « inadéquate », tout en notant que les États-Unis avaient consenti à certaines des sept conditions posées par Téhéran pour la réouverture du détroit d’Hormuz.
Pour l’expert Andreas Krieg, l’Iran menace de faire subir à l’économie numérique émergente du Golfe ce qu’il a déjà infligé à son économie maritime : faire de la fiabilité elle-même un levier de négociation géopolitique. Ces infrastructures sont le pendant numérique des routes et ponts traditionnels que les planificateurs militaires ciblent pour paralyser la capacité d’un adversaire à combattre.

Vulnérabilité des câbles sous-marins et des centres de données
La dépendance du Golfe envers un nombre limité de routes numériques accroît les risques, les câbles sous-marins transportant plus de 95 % du trafic de données international.
Cette menace a des conséquences concrètes : des propriétaires et entrepreneurs ont suspendu des projets d’extension d’infrastructures sous-marines, déclarant ne plus pouvoir opérer en toute sécurité dans le Golfe. L’Iran semble avoir cartographié ces réseaux, conscient de leur importance stratégique. Comme le souligne Krieg, bien que les armées du Golfe puissent intercepter certaines menaces, des drones à bas coût peuvent causer des dommages disproportionnés à des installations valant des milliards.
Ambitions technologiques et enjeux géopolitiques
Les États du Golfe ont misé leur économie post-pétrole sur la technologie. À Abou Dabi, la firme G42 construit le projet Stargate UAE en collaboration avec OpenAI et Nvidia au sein d’un campus IA de 5 gigawatts. En mai 2025, le Fonds d’investissement public saoudien a lancé Humain, une société présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, dédiée aux centres de données. Le Qatar, grâce à ses liens diplomatiques avec Téhéran, est considéré comme étant quelque peu mieux positionné politiquement dans ce climat instable.
Des affrontements sont en cours dans plusieurs zones, dont Bab al-Mandeb, point de passage de près d’un cinquième du trafic internet mondial. Des centres de données et intérêts commerciaux américains ont par ailleurs été touchés aux Émirats arabes unis et à Bahreïn durant le conflit.
Perception des marchés de prédiction
Sur la plateforme Polymarket, plus de 20 000 dollars ont été misés sur la probabilité que l’Iran endommage ces câbles. La probabilité d’un tel événement avant le 31 octobre a été estimée à 6 %, une baisse de 45 %, tandis qu’elle atteint 14 % pour une échéance au 31 décembre. Brett Erickson, gestionnaire chez Obsidian Risk Advisors, a déclaré que l’Iran « cherche simplement à jouer la carte de la détente avec Trump », soulignant toutefois que le nombre de navires frappés par Téhéran reste un indicateur de la réalité des tensions malgré les discours de pacification.