Home MondeL’Irlande « ne doit pas être considérée comme un endroit facile d’accès », déclare le ministre – The Irish Times

L’Irlande « ne doit pas être considérée comme un endroit facile d’accès », déclare le ministre – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 6 novembre 2025 à 07h20. L’Irlande entend renforcer sa politique migratoire afin d’éviter d’être perçue comme une destination trop facile, a déclaré le ministre d’État aux Affaires européennes, Thomas Byrne, lors d’une visite en Espagne. Cette question sera une priorité lors de la présidence irlandaise du Conseil de l’UE à partir de juillet 2026.

  • Le gouvernement irlandais envisage de nouvelles mesures financières à l’encontre des demandeurs d’asile, notamment des frais d’hébergement pour ceux autorisés à travailler.
  • L’Irlande souhaite garantir que les migrants économiques utilisent les voies légales d’immigration et que le système de protection internationale ne soit pas détourné.
  • La présidence irlandaise du Conseil de l’UE en 2026 mettra également l’accent sur l’élargissement de l’Union, notamment l’adhésion de l’Ukraine.

Madrid – L’Irlande entend signaler clairement qu’elle ne tolérera pas une affluence incontrôlée de migrants et de demandeurs d’asile. C’est ce qu’a affirmé Thomas Byrne, ministre d’État chargé des Affaires européennes, lors d’une visite officielle en Espagne, où il célébrait le 90e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Il a souligné la nécessité d’une approche plus rigoureuse pour garantir l’intégrité du système d’asile.

Selon M. Byrne, il est crucial de s’assurer que les migrants économiques ne profitent pas du mécanisme de protection internationale pour entrer sur le territoire irlandais. Il a précisé que des mesures seraient prises pour rendre le système plus efficace.

« Les migrants économiques arrivent [en Irlande] par les voies habituelles prévues à cet effet. Je ne dis pas que c’est moins préoccupant, mais il existe un processus pour résoudre ce problème en termes de domaines dans lesquels les compétences sont nécessaires dans l’économie, là où les travailleurs sont nécessaires. »

Thomas Byrne, ministre d’État chargé des Affaires européennes

Le gouvernement envisage notamment l’instauration de frais d’hébergement pour les demandeurs de protection internationale autorisés à travailler. Ces frais, qui pourraient s’élever de 15 à 238 euros par semaine (selon les revenus), visent à responsabiliser les bénéficiaires et à alléger la charge financière pour l’État. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus globale de contrôle des flux migratoires.

Le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, est décrit par M. Byrne comme étant « très déterminé à garantir que nous disposions d’un système migratoire équitable ». Il a ajouté :

« Nous voulons absolument nous assurer que nous ne sommes pas perçus comme un endroit facile d’accès, car cela nuit également à notre crédibilité au sein de l’Union européenne. »

Thomas Byrne, ministre d’État chargé des Affaires européennes

La visite de M. Byrne à Madrid a été l’occasion de souligner les liens étroits entre l’Irlande et l’Espagne. Une réception a été organisée à la résidence de l’ambassadeur d’Irlande, Brian Glynn, où des discours ont été prononcés en espagnol et en irlandais, et où les invités ont pu déguster du cava et de la stout. L’ambassadeur espagnol, Fernando Sampedro, a mis en avant les « priorités partagées, la perspective partagée et la forte compréhension mutuelle » entre les deux pays, soulignant l’importance des échanges commerciaux, culturels et touristiques – avec 2,8 millions de visites d’Irlandais en Espagne l’année dernière.

L’Irlande et l’Espagne partagent également une vision commune sur la scène internationale, comme en témoigne leur reconnaissance coordonnée de l’État palestinien en 2024 . Cependant, le gouvernement espagnol, de gauche, semble adopter une approche plus souple en matière d’immigration que la plupart des autres pays de l’UE, y compris l’Irlande. M. Byrne a néanmoins salué la présidence espagnole de l’UE au second semestre 2023, soulignant l’adoption du paquet migratoire et le début des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

La présidence irlandaise du Conseil de l’UE, qui débutera en juillet 2026, sera axée sur la question migratoire, mais également sur l’élargissement de l’Union, avec notamment la volonté de faire progresser l’adhésion de l’Ukraine, de conclure les négociations avec le Monténégro et de réaliser des « progrès très significatifs » avec la candidature de l’Albanie.

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