Home AffairesContestation devant la Haute Cour de la levée du sursis sur le projet d’amélioration du train Dublin-Belfast de 650 millions d’euros

Contestation devant la Haute Cour de la levée du sursis sur le projet d’amélioration du train Dublin-Belfast de 650 millions d’euros

by Amélie Bernard

Publié le 6 novembre 2023 à 07h42. Une contestation judiciaire concernant l’attribution d’un contrat de 650 millions d’euros pour la modernisation de la ligne ferroviaire Dublin-Belfast menace de compromettre jusqu’à 165 millions d’euros de financement européen pour le projet.

  • L’entreprise Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF) SA conteste l’attribution du contrat à Stadler Busnang AG.
  • Irish Rail et Northern Ireland Railways ont déposé une demande de sursis devant les tribunaux.
  • La perte du financement européen pourrait être compensée par les gouvernements irlandais et nord-irlandais.

Une bataille juridique s’est engagée autour de l’attribution du contrat pour le remplacement du matériel roulant du service ferroviaire Enterprise reliant Dublin et Belfast. L’entreprise espagnole Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF) SA a contesté la décision, invoquant des irrégularités dans le processus d’appel d’offres, ce qui a entraîné une suspension automatique de l’attribution du contrat.

Irish Rail et Northern Ireland Railways, les exploitants du service, ont saisi la Haute Cour pour obtenir un sursis à l’exécution du contrat, craignant de perdre un financement crucial de l’Union européenne. Le juge Mark Sanfey a accepté d’examiner leur requête, estimant que l’affaire était urgente.

Selon des documents judiciaires, Irish Rail craint que CAF ne figure sur une liste noire de l’ONU concernant les entreprises opérant dans les territoires palestiniens occupés. Cette information, si avérée, pourrait avoir des conséquences sur l’éligibilité de l’entreprise à recevoir des financements publics.

Le contrat, d’un montant de 650 millions d’euros, avait été attribué le 18 septembre à Stadler Busnang AG, une entreprise suisse. Peter Smyth, ingénieur en chef chez Irish Rail, a souligné dans une déclaration sous serment l’urgence de remplacer la flotte actuelle, qui atteindra la fin de sa durée de vie de 30 ans fin 2027. Sans modernisation, des travaux importants et coûteux seraient nécessaires pour assurer la continuité du service.

La ligne Dublin-Belfast dessert une population de 3,3 millions d’habitants vivant à moins de 60 km des voies ferrées. L’investissement prévu permettra de doubler la fréquence des trains, passant de huit à seize services quotidiens, et de remplacer le matériel roulant plus ancien, moins confortable et plus coûteux à exploiter.

Le nouveau service devrait permettre d’assurer quatre millions de voyages de passagers par an d’ici 2030, et 2,4 million d’ici 2033. Il offrira également des vitesses plus élevées que le service actuel, dont la vitesse maximale est de 145 km/h (90 mph).

Le financement du projet est assuré par le gouvernement irlandais, le ministère des Infrastructures d’Irlande du Nord et des programmes de financement de l’UE, notamment PEACEPLUS, PEACE IV et INTERREG VA. Jusqu’à 165 millions d’euros proviendront de ces programmes européens, à condition que le projet soit achevé avant le 31 décembre 2029, date à laquelle tout coût non couvert ne serait plus remboursable.

Irish Rail a admis qu’aucun des soumissionnaires n’était en mesure de livrer l’ensemble des huit rames Enterprise avant cette date limite. Une demande a été adressée à l’UE pour obtenir un accord sur le financement, en se basant sur la promesse du soumissionnaire retenu de livrer quatre rames d’ici là. Si le financement européen venait à être compromis, les gouvernements irlandais et nord-irlandais devraient assumer le déficit.

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