Publié le 24 décembre 2025 à 11h16. L’autorité antitrust italienne a infligé une amende de près de 100 millions d’euros à Apple, estimant que sa politique de confidentialité App Tracking Transparency (ATT) entrave la concurrence sur l’App Store en désavantageant les développeurs tiers.
- Apple a été condamnée à une amende de 98,6 millions d’euros (116 millions de dollars américains) par l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM).
- L’AGCM estime que les exigences de consentement imposées par ATT sont excessives pour les développeurs tiers et disproportionnées par rapport aux objectifs de protection de la vie privée.
- Apple prévoit de faire appel de cette décision et réaffirme son engagement en faveur de la confidentialité des utilisateurs.
L’Autorité italienne de la concurrence a conclu qu’Apple, grâce à sa position dominante dans la distribution d’applications, impose unilatéralement les règles d’ATT aux développeurs sans concertation préalable. L’enquête avait été lancée en mai 2023. L’AGCM ne conteste pas en soi les mesures de protection de la vie privée mises en place par Apple pour les utilisateurs d’iOS, mais s’oppose à la manière dont ces mesures sont appliquées.
En substance, ATT oblige les développeurs d’applications à solliciter un consentement spécifique des utilisateurs de l’Union européenne avant de collecter et d’utiliser leurs données à des fins publicitaires. Or, les applications et services propres à Apple peuvent obtenir cette autorisation avec un simple clic. L’AGCM souligne que cette double demande de consentement est inutile et complique le processus pour les développeurs.
« Les développeurs d’applications tierces sont tenus d’obtenir un consentement spécifique pour la collecte et la liaison de données à des fins publicitaires via l’invite ATT d’Apple. Cependant, une telle invite ne répond pas aux exigences de la législation sur la protection de la vie privée, obligeant les développeurs à doubler la demande de consentement dans le même but. »
Autorité italienne de la concurrence (AGCM)
L’autorité estime qu’Apple aurait pu garantir un niveau de protection équivalent de la vie privée en permettant aux développeurs d’obtenir le consentement des utilisateurs via une seule demande d’autorisation de « Publicité personnalisée ». Selon l’AGCM, l’ATT nuit aux développeurs tiers qui dépendent de la publicité pour monétiser leurs applications.
Apple a annoncé son intention de contester la décision de l’AGCM, réaffirmant son engagement en faveur de la protection de la vie privée. Dans un communiqué relayé par Reuters, l’entreprise a déclaré que les règles s’appliquaient de manière uniforme à tous les développeurs, y compris à elle-même.
Introduite en 2021, ATT permet aux applications mobiles de demander explicitement le consentement des utilisateurs avant d’accéder à l’identifiant publicitaire unique de leur appareil, utilisé pour le suivi à des fins de publicité ciblée.
Ce n’est pas la première fois que le cadre de protection de la vie privée d’Apple suscite des critiques des autorités de la concurrence. En mars 2025, l’entreprise avait déjà écopé d’une amende de 150 millions d’euros (162 millions de dollars américains) de la part de l’autorité française de la concurrence pour avoir potentiellement abusé de sa position dominante sur le marché de la publicité mobile grâce à ATT. Plus d’informations ici.
Apple fait également l’objet d’enquêtes similaires en Pologne et en Roumanie. Au début du mois de décembre 2025, l’autorité antitrust allemande a indiqué qu’elle examinait les modifications proposées par Apple à ATT, notamment des ajustements au texte et au format de la demande de consentement, tout en conservant les avantages pour les utilisateurs.
Apple aurait accepté d’introduire des demandes de consentement neutres pour ses propres services et les applications tierces, et de simplifier le processus de consentement afin de garantir sa conformité avec la législation sur la protection des données.
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