Publié le 30 novembre 2023 08:10:00. L’Ivy Asia, nouveau restaurant branché du centre-ville, promet une expérience culinaire panasiatique immersive, mais l’ambiance exubérante et les saveurs décevantes laissent un goût amer aux palais les plus exigeants.
- Le décor tape-à-l’œil, mélangeant esthétique japonaise et touches indiennes, est jugé excessif et perturbant par le critique.
- La cuisine, prétendument fusion, manque de cohérence et d’authenticité, avec des plats sous-assaisonnés ou gâchés par des ingrédients de mauvaise qualité.
- Malgré un service attentionné, l’expérience globale est qualifiée de décevante, l’établissement semblant privilégier l’aspect visuel au détriment du goût.
Situé à quelques mètres de l’Ivy original, ouvert en 2018, le nouvel établissement, l’Ivy Asia, a ouvert ses portes il y a seulement quatre jours. Dès l’entrée, l’atmosphère est saisissante. Une hôtesse a interrogé le critique :
« Avez-vous déjà dîné avec nous ? »
Hôtesse de l’Ivy Asia
Une question qui révèle l’importance accordée par la chaîne à la fidélisation de sa clientèle, forte de neuf restaurants.
L’intérieur du restaurant est un véritable choc visuel. Une odeur d’encens flotte dans l’air, tandis qu’une musique techno générique résonne. Le sol vert criard évoque une prolifération d’algues sous éclairage nucléaire. Des statues de Bouddha côtoient des peintures de geishas, des armures de samouraïs et un faux cerisier en fleurs gigantesque. Les chaises colorées et les canapés à motifs damassés ajoutent à la confusion. L’ensemble, selon le critique, provoque une sensation de malaise.
La carte propose un mélange éclectique de saveurs issues du Japon, de la Chine, de la Corée, de la Thaïlande, de l’Indonésie, de la Malaisie, de l’Inde et même de la Californie. Face à cette offre pléthorique, le choix s’avère difficile. Les clients sont donc contraints de se fier à l’appétit des noms.
Les wontons et poppadoms croustillants (6,95 €) se révèlent être des triangles de pâte wonton et des mini poppadoms accompagnés d’une sauce sichuanaise. Si le croustillant est initialement présent, il disparaît rapidement une fois trempés dans cette sauce sucrée et artificielle, dépourvue de toute saveur de poivre ou de piment du Sichuan. Le goût, loin d’être chinois, est décevant.
Le rouleau californien au crabe des neiges (15,95 €) serait passible de sanctions sévères s’il était servi au Japon. La saveur délicate du crabe est noyée sous une mayonnaise collante et sucrée, tandis que le riz à sushi est mou, sous-assaisonné et d’une couleur terne. Le plat est laissé inachevé.
Les gyoza au porc et au kimchi (12,95 €), bien que joliment présentés avec des micro-herbes, manquent également d’assaisonnement et de goût de porc. Le kimchi, posé sur le dessus, ne présente aucune note fermentée ni aucune chaleur, se limitant à un murmure de vinaigre et une pincée de sel. Des amis coréens du critique expriment leur déception.
Une mayonnaise au piment, ajoutée sous les gyoza (pour des raisons obscures), apporte une chaleur âpre qui n’améliore pas le plat.
Seul le poulet gochujang (15,95 €) offre une lueur d’espoir. Tendre, sucré et épicé, comme promis, c’est le seul plat terminé par le critique. Le poulet robatayaki japonais est servi avec une sauce satay indonésienne, un choix étrange, mais au moins la sauce a du goût, contrairement au poulet trop cuit, au goût laineux.
Le riz au kimchi, servi en accompagnement, est une pâte sans saveur avec une pointe de vinaigre, tandis que la salade de concombre est légèrement piquante grâce à de la poudre de piment, mais dépourvue de saveur.
La carte des boissons propose des vins européens, des bières et des thés asiatiques, ainsi que des cocktails à thème. Le cocktail Akuma Margarita, composé de tequila Casamigos Blanco, de citron vert, de miel chaud, de pinot noir infusé à la mangue et d’assaisonnement tajin, attire l’attention par son originalité.
La carte des vins, longue et coûteuse, débute à 43 € pour un Trebbiano italien ou un rouge La Mancha, mais grimpe rapidement au-delà de 50 € pour les crus plus intéressants. Le critique opte pour un rosé provençal à 55 €, mais reçoit à la place un Château La Tour de By Bordeaux rosé, absent de la carte. Le serveur, confus, assure qu’il s’agit du même prix, et le critique accepte sans protester.
Il soupçonne finalement avoir reçu un vin de meilleure qualité que celui initialement commandé. Le rosé est frais, juteux et accompagne bien les plats.
La crème brûlée en fût de saké (11,95 €) est servie dans un mini tonneau surmonté d’une tuile de saké au sésame, à briser avec un petit maillet. La tuile a un goût horrible, légèrement brûlé, poussiéreux et rassis, tandis que la crème brûlée est classique et inoffensive. Un coulis de fraise, servi en accompagnement (pourquoi ?), a un goût artificiel et désagréable.
Le cheesecake au chocolat blanc et au yuzu à la lanterne verte (13,95 €) est un peu meilleur, mais trop crémeux (plutôt aigre) et manque de biscuit.
L’Ivy Asia est un spectacle visuel désordonné, mêlant saveurs confuses (quand elles sont présentes) et décor extravagant. Le critique déteste l’expérience, bien qu’il reconnaisse l’amabilité du personnel (un peu trop enthousiaste). Il observe une table prendre autant de photos d’eux-mêmes que de leur nourriture, et se demande si c’est là le véritable objectif de l’établissement, au détriment de la cuisine.
L’Ivy Asia
12, rue Dawson, D2
theivyasia.com
- Dîner pour deux avec une bouteille de vin, 175,45 €
