Publié le 2024-05-02. Une équipe de chercheurs américains a identifié un facteur clé qui pourrait expliquer pourquoi le cancer du sein est plus agressif chez les femmes obèses après la ménopause : l’accumulation d’une hormone spécifique dans les tissus adipeux.
- L’accumulation d’œstrone dans les tissus adipeux après la ménopause provoque une inflammation et favorise la progression du cancer du sein.
- Les femmes ménopausées obèses présentent des concentrations d’œstrone jusqu’à quatre fois supérieures à celles des femmes ayant un poids santé.
- Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement du cancer du sein.
Des scientifiques du Lombardi Comprehensive Cancer Center de l’Université de Georgetown et de l’Université de Miami ont mis en évidence le rôle de l’œstrone, une hormone produite principalement par les tissus adipeux après la ménopause, dans l’aggravation du cancer du sein chez les femmes obèses. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Reviews Endocrinology, suggèrent que cette hormone favorise l’inflammation et affaiblit la réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses.
Les femmes obèses ayant passé la ménopause présentent un risque considérablement plus élevé de décès lié au cancer du sein. Cette vulnérabilité accrue est désormais mieux comprise grâce à cette recherche. L’étude a révélé que l’œstrone, contrairement à l’estradiol (l’œstrogène dominant avant la ménopause), active les gènes responsables de l’inflammation et ne protège pas l’organisme de la même manière.
Les chercheurs ont mené des expériences sur des souris obèses, démontrant que l’exposition à l’œstrone accélère la croissance des tumeurs mammaires et augmente leur propension à métastaser. Ils ont également constaté que l’inflammation induite par l’œstrone affaiblit la capacité du système immunitaire à détecter et à éliminer les cellules cancéreuses. En d’autres termes, l’œstrone perturbe les mécanismes de défense naturels de l’organisme.
Les résultats de cette étude suggèrent que des médicaments ciblant les récepteurs GLP-1, connus pour favoriser la perte de poids, pourraient constituer un complément prometteur aux traitements conventionnels du cancer du sein chez les femmes obèses. Bien que l’exercice physique et un régime alimentaire équilibré soient bénéfiques, leur impact à long terme nécessite des investigations supplémentaires.
Les scientifiques soulignent la nécessité de développer de nouvelles stratégies de prévention et de traitement du cancer du sein, spécifiquement adaptées aux femmes ménopausées obèses. Une meilleure compréhension du lien entre l’œstrone, la graisse corporelle et le cancer pourrait permettre de mettre en place des thérapies plus personnalisées et efficaces pour des millions de femmes.
