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Loi européenne sur les données et voitures connectées : la souveraineté numérique pour les assureurs automobiles

by Amélie Bernard

Publié le 13 octobre 2025 20:57:00. La nouvelle loi européenne sur les données ouvre un champ des possibles pour les assureurs automobiles, leur permettant d’accéder à une mine d’informations générées par les véhicules connectés, tout en posant de nouveaux défis en matière de protection des données et de souveraineté numérique.

  • Dès septembre 2025, les assureurs pourront accéder aux données des véhicules connectés, auparavant largement contrôlées par les constructeurs.
  • Les véhicules modernes génèrent une quantité considérable de données – environ 25 Go par heure – concernant leur utilisation et leur état technique.
  • Cette loi vise à renforcer la souveraineté numérique en permettant aux utilisateurs de contrôler l’accès à leurs données et en favorisant un échange d’informations plus transparent.

La loi européenne sur les données, qui entrera en vigueur en septembre 2025, marque un tournant pour le secteur de l’assurance automobile. Jusqu’à présent, les constructeurs automobiles, et plus particulièrement les constructeurs de véhicules définis par logiciel (SDV), détenaient la quasi-totalité des données relatives à l’utilisation des véhicules. Cette nouvelle réglementation ouvre désormais l’accès à ces informations, dans un souci d’équité, de transparence et de souveraineté numérique.

Les véhicules actuels collectent et partagent en permanence une quantité impressionnante de données. Selon l’Association allemande de l’industrie automobile (VDA), un véhicule moderne peut générer jusqu’à 25 Go de données chaque heure. Ces données englobent des informations techniques, telles que la consommation de carburant, la pression des pneus ou l’état de la batterie des véhicules électriques, ainsi que des données comportementales, comme la position géographique et le style de conduite du conducteur.

Cette évolution offre aux assureurs de nouvelles opportunités pour affiner l’évaluation des risques, proposer des tarifs plus personnalisés et développer des produits d’assurance innovants. Les polices d’assurance télématiques, qui intègrent déjà des données client dynamiques, devaient auparavant s’appuyer sur des dispositifs externes, tels que des dongles ou des applications pour smartphones, souvent coûteux et limités en termes de disponibilité des données. L’accès direct aux données embarquées simplifiera considérablement ce processus.

Au-delà de la simple collecte de données, il sera crucial pour les assureurs de transformer ces informations brutes en profils de risque précis. Si les modèles de tarification « pay-as-you-drive » (PAYD), basés sur la fréquence et les heures de conduite, sont déjà bien établis, l’analyse des comportements d’accélération, de direction et de freinage (pay-how-you-drive – PHYD) représente un défi plus complexe. L’analyse de mégadonnées, rendue possible par le volume important de données provenant des constructeurs, pourrait offrir une solution, à condition d’enrichir les données brutes d’un contexte sémantique pertinent pour les systèmes d’intelligence artificielle (IA).

La loi européenne sur les données pourrait également permettre aux assureurs d’élargir leur offre de services. Par exemple, en cas d’accident, le service d’assistance pourrait être automatiquement déclenché, une estimation des dommages effectuée et une proposition de réparation ou de remboursement soumise au client en temps réel.

L’accès aux données personnelles des utilisateurs implique également le respect de réglementations strictes en matière de protection des données. La loi européenne sur les données s’appuie sur le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et ajoute des exigences spécifiques, notamment en matière de conception de produits et de services respectueux de la vie privée. L’utilisation de l’IA devra également se conformer aux dispositions de la future loi européenne sur l’IA.

Pour éviter que les coûts de traitement des données ne deviennent prohibitifs, les assureurs devront automatiser leurs processus et adapter leurs systèmes informatiques. Il sera également essentiel de ne pas dépendre d’un seul fournisseur pour les services de cloud, de logiciels et d’IA, afin de garantir leur souveraineté numérique et la continuité de leurs activités, même en cas de panne des applications d’IA.

Il reste à voir comment les acteurs du marché saisiront ces nouvelles opportunités et mettront en œuvre les exigences légales. Les préparatifs sont déjà en cours.

Auteur:
Frank Hillen est un gestionnaire expérimenté dans le secteur de l’assurance automobile. Il travaille depuis 30 ans sur les modèles économiques du secteur automobile, notamment les flottes et leur assurance. Frank travaille chez adesso depuis 2024 et, en tant que Senior Business Development Executive, est responsable de l’assurance des véhicules, de la flotte et des captives.

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