Publié le 7 janvier 2024 10h07:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié de nouvelles recommandations pour améliorer la prise en charge du VIH, notamment en matière de traitements antirétroviraux, de prévention de la transmission mère-enfant et de lutte contre la tuberculose, une complication fréquente chez les personnes séropositives.
- L’OMS privilégie désormais les schémas thérapeutiques à base de dolutégravir pour le traitement du VIH, et recommande une nouvelle option pour les patients dont le traitement initial devient inefficace.
- Les nouvelles directives insistent sur l’importance de soutenir le choix des mères séropositives en matière d’allaitement, tout en maintenant des recommandations pour la prophylaxie infantile.
- Un nouveau schéma thérapeutique préventif contre la tuberculose, plus simple et plus efficace, est désormais recommandé pour les personnes vivant avec le VIH.
Ces nouvelles recommandations, qui actualisent les directives de 2021, s’appuient sur les avancées récentes dans le traitement du VIH et sur les données probantes concernant des schémas thérapeutiques optimisés et des options simplifiées de prévention de la tuberculose. L’objectif est de rendre les traitements plus accessibles, plus efficaces et mieux adaptés aux besoins des patients, afin d’accélérer la lutte contre le sida.
Concernant la thérapie antirétrovirale, l’OMS confirme que les schémas à base de dolutégravir restent l’option privilégiée pour le traitement initial et continu du VIH. En cas de résistance aux traitements, l’association darunavir/ritonavir est désormais recommandée en première intention, en remplacement de l’atazanavir/ritonavir ou du lopinavir/ritonavir. Les directives encouragent également la réutilisation du ténofovir et de l’abacavir dans les traitements de seconde ligne, en raison de leur efficacité prouvée et de leur coût potentiellement plus faible. Dans des situations spécifiques, notamment pour les patients ayant des difficultés à suivre un traitement oral quotidien, l’utilisation d’un traitement antirétroviral injectable à longue durée d’action est également envisagée. Enfin, des schémas thérapeutiques oraux simplifiés à deux médicaments peuvent être proposés aux patients cliniquement stables.
La prévention de la transmission verticale du VIH, c’est-à-dire de la mère à l’enfant, reste une priorité. Malgré les progrès réalisés, de nouvelles infections infantiles continuent de se produire, en particulier pendant la période d’allaitement. L’OMS souligne l’importance d’une approche personnalisée, qui respecte le choix de la mère et assure le bien-être du nourrisson. Elle maintient sa recommandation d’un allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois, suivi d’un allaitement continu jusqu’à 12 mois, voire 24 mois ou plus, en association avec un traitement antirétroviral efficace pour la mère et une alimentation complémentaire appropriée. Tous les nourrissons exposés au VIH doivent bénéficier d’une prophylaxie postnatale de six semaines, de préférence à base de névirapine, et les nourrissons à haut risque recevront une triprophylaxie médicamenteuse renforcée. Une prophylaxie prolongée peut être envisagée jusqu’à ce que la suppression virale maternelle soit atteinte ou que l’allaitement soit arrêté.
La tuberculose demeure une cause majeure de décès chez les personnes vivant avec le VIH. Pour améliorer l’observance et l’efficacité du traitement préventif, l’OMS recommande désormais un schéma de trois mois d’isoniazide plus rifapentine (3HP) administré hebdomadairement, comme traitement préventif de premier choix pour les adultes et les adolescents séropositifs. D’autres schémas thérapeutiques recommandés par l’OMS restent des options possibles, en fonction des considérations cliniques et programmatiques. L’intégration des services de prévention et de traitement du VIH et de la tuberculose est essentielle pour réduire la mortalité et simplifier la prise en charge des patients.
« Ces recommandations actualisées témoignent de l’engagement de l’OMS à garantir que les personnes vivant avec le VIH bénéficient des options de traitement les plus efficaces, sûres et pratiques disponibles. »
Dr Tereza Kasaeva, directrice du département VIH, tuberculose, hépatites virales et IST de l’OMS
Ces nouvelles directives seront intégrées à la prochaine édition des lignes directrices consolidées de l’OMS sur le VIH et sont destinées à guider les programmes nationaux de lutte contre le VIH, les cliniciens, les partenaires et les communautés du monde entier. Elles visent à renforcer les programmes de lutte contre le VIH et à sauver des vies.
À lire aussi
