New York – L’Organisation des Nations unies est confrontée à une crise financière aiguë qui la contraint à des réformes drastiques, bien loin d’une modernisation volontaire. Avec plus de 1,5 milliard de dollars d’arriérés, l’ONU se serre la ceinture, réduisant son budget et son personnel, dans une tentative désespérée de maintenir le cap.
Le Secrétaire général a présenté à la Cinquième Commission un budget 2026 allégé, prévoyant la suppression de milliers de postes et une réorganisation administrative à grande échelle. Cette situation, bien que présentée comme une consolidation, est en réalité une réponse à une situation financière critique, soulignent des observateurs.
La solution, selon des sources proches de l’ONU, est simple mais politiquement délicate : les États membres doivent honorer leurs engagements financiers. « On ne peut pas priver une institution d’un milliard et demi de dollars et ensuite l’évaluer pour ses sous-performances », explique-t-on. L’ONU est sollicitée sur un large éventail de questions – maintien de la paix, droits de l’homme, action climatique, aide humanitaire – et ne peut assumer ces responsabilités avec des ressources limitées.
Par ailleurs, les États membres doivent cesser d’imposer de nouveaux mandats sans financer ceux qui existent déjà. Cette surcharge de travail affecte le personnel et compromet l’efficacité de l’organisation. Une consolidation administrative est également nécessaire, avec une simplification des processus et une rationalisation des services. L’ONU dispose actuellement de quarante unités de ressources humaines différentes, chacune avec ses propres interprétations des règles et procédures.
Le transfert des tâches administratives répétitives vers des lieux d’affectation moins coûteux est également envisagé, mais il est crucial de protéger l’expertise et les compétences essentielles. Il s’agit de déplacer la paperasse, pas les chimistes, les avocats des droits de l’homme ou les artisans de la paix.
La numérisation des systèmes est également une priorité. Une grande partie de la mémoire institutionnelle de l’ONU est stockée dans des fichiers PDF et des boîtes de réception obsolètes, ce qui entraîne une perte de connaissances précieuses à chaque départ à la retraite. Des systèmes modernes et automatisés sont indispensables pour assurer la pérennité de l’organisation.
Le programme de réforme UN80, présenté comme une transformation, est en réalité une opération de sauvetage menée avec des moyens limités. Si les États membres souhaitent une ONU fonctionnelle, ils doivent financer ses activités, arrêter de la surcharger de travail et lui permettre de se moderniser sans ingérence politique.
La situation des agences spécialisées de l’ONU est également préoccupante. Bien qu’elles se disent indépendantes, elles sont toutes liées au Secrétariat et seront inévitablement affectées par sa crise financière. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’UNICEF, ONU Femmes, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourraient tous être touchés par les réductions budgétaires et les restructurations.
En fin de compte, la survie de l’ONU dépend de la volonté des États membres de la financer adéquatement. Si les États membres ne respectent pas leurs engagements financiers, l’ensemble du système des Nations unies risque de s’effondrer.
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