Home AffairesL’or s’est envolé de 65% en 2025 et clôture ainsi sa meilleure performance depuis 46 ans

L’or s’est envolé de 65% en 2025 et clôture ainsi sa meilleure performance depuis 46 ans

by Amélie Bernard

Publié le 1er janvier 2026 à 18h57. L’année 2025 a été marquée par une flambée sans précédent des prix des métaux précieux, notamment l’or et l’argent, tirée par une combinaison de tensions géopolitiques, de politiques monétaires accommodantes et d’une demande accrue des banques centrales.

  • L’or a enregistré une hausse de 65 % en 2025, sa plus forte progression annuelle depuis 1979, atteignant un prix proche de 4 549,92 dollars l’once troy (environ 4 270 €).
  • L’argent a surpassé l’or en termes de performance, avec une augmentation de plus de 150 %, atteignant un sommet historique de 84,007 dollars l’once (environ 78,50 €).
  • Les banques centrales ont diversifié leurs réserves en se tournant vers les métaux précieux, tandis que les investisseurs ont cherché des valeurs refuges face à l’incertitude économique et aux conflits internationaux.

L’année 2025 a confirmé la tendance haussière observée ces dernières années sur le marché des métaux précieux. En 2023, l’or avait déjà progressé de 13,10 %, suivi d’une hausse de 27,22 % en 2024. Le premier semestre 2025 a été témoin d’un afflux record d’investissements dans les ETF (Exchange Traded Funds) aurifères, avec près de 400 tonnes ajoutées aux avoirs.

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée des prix. La politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale américaine, avec des baisses de taux d’intérêt et l’anticipation de nouvelles mesures de relance, a incité les investisseurs à rechercher des alternatives à la monnaie fiduciaire. La dépréciation du dollar américain par rapport aux autres devises mondiales a également joué un rôle important, renforçant l’attrait des métaux précieux comme valeur refuge.

Selon Nicolas López, directeur de l’analyse des revenus variables chez Banque Singulière,

« Les banques centrales diversifient leurs réserves du dollar vers d’autres types d’actifs et achètent des métaux précieux. »

Il souligne que

« Le dollar s’est déprécié, notamment à cause de la politique de Trump, ce qui a favorisé la préférence pour les actifs réels qui ne se déprécient pas. »

La demande soutenue s’est traduite par une augmentation des avoirs en fonds négociés en bourse et par la poursuite des achats de lingots par les banques centrales, en particulier dans les économies émergentes. Ce mouvement, combiné aux tensions géopolitiques et commerciales, a consolidé la position de l’or et des autres métaux précieux comme refuges privilégiés pour les investisseurs.

La performance de l’argent a été particulièrement remarquable. Le prix de ce métal a augmenté de plus de 150 % au cours de l’année, atteignant son meilleur résultat depuis 1979. Le 29 décembre, l’argent a atteint un sommet historique de 84,007 dollars l’once, avant de clôturer l’année à 73,3 dollars, après une baisse intrajournalière de 3,91 %.

Cette hausse de l’argent s’explique par une combinaison d’une offre physique limitée, d’une demande croissante dans des secteurs tels que les énergies renouvelables et la bijouterie, et d’une préférence accrue des investisseurs pour les actifs tangibles. L’anticipation de baisses de taux d’intérêt par les banques centrales et le contexte d’incertitude économique internationale ont également contribué à cette tendance haussière.

Pedro del Pozo, directeur des investissements financiers chez Mutuaide, prévoit que l’or maintiendra sa trajectoire ascendante dans un scénario géopolitique

« très, très incertain »,

avec des banques centrales continuant d’accumuler des métaux précieux et des économies émergentes cherchant des alternatives au dollar.

Le platine et le palladium ont également enregistré des progrès significatifs. Le platine spot a clôturé l’année avec une amélioration annuelle de plus de 114 %, établissant ainsi la plus forte hausse de son histoire. Le prix du platine a atteint un sommet historique de 2 478,5 dollars l’once avant de clôturer à 2 064,21 dollars, après une baisse intrajournalière de 6,1 %. Le palladium a quant à lui augmenté sa valeur de plus de 66 % en 2025, terminant l’année à 1 612,25 dollars l’once, son meilleur résultat en 15 ans.

Ilya Spivak, de Tastylive, estime que

« peut-être vers la fin du premier trimestre 2026, nous pourrions voir l’or tester les 5 000 dollars. Il semble que les catalyseurs qui encouragent l’or, surtout au cours de l’année dernière, soient devenus autonomes. »

Malgré une légère correction en fin d’année, due à la prise de bénéfices après l’augmentation des marges sur les contrats à terme sur métaux par le CME, le bilan annuel des métaux précieux reste largement positif. L’appréciation sans précédent de l’argent et la consolidation de l’or comme actif de référence témoignent de la confiance des investisseurs dans ces valeurs refuges.

Les données publiées par LSEG et le journaliste Ishaan Arora confirment l’ampleur du phénomène : l’or a augmenté de 64,84 % sur l’année, l’argent de 147,8 %, le platine de 114,2 % et le palladium de 66,55 % (données au 31 décembre à 07h15 GMT).

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