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L’Organisation mondiale de la santé recommande les médicaments de type Ozempic comme traitements à long terme contre l’obésité

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-01 13:52:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande désormais l’utilisation à long terme de médicaments comme l’Ozempic pour lutter contre l’obésité, une maladie chronique en pleine expansion mondiale. Cette décision s’accompagne d’un appel à rendre ces traitements plus accessibles et abordables.

  • L’OMS reconnaît l’obésité comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge à vie, et non plus simplement comme un problème lié au mode de vie.
  • Les médicaments à base de glucagon-like peptide-1 (GLP-1), initialement conçus pour le diabète de type 2, se révèlent efficaces pour la gestion du poids, mais leur coût et leur disponibilité restent des obstacles majeurs.
  • L’OMS appelle les États membres à garantir un accès universel à ces traitements et à explorer des solutions pour réduire leur prix, notamment avec l’expiration prochaine des brevets.

L’Organisation mondiale de la santé a publié de nouvelles directives reconnaissant l’obésité comme un problème de santé publique majeur et appelant à une approche plus globale de sa prise en charge. Ces recommandations, publiées dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), préconisent l’utilisation de thérapies à base de GLP-1, telles que l’Ozempic ou le Wegovy, en association avec une thérapie comportementale comprenant une activité physique régulière, un régime alimentaire adapté et un suivi personnalisé.

Ces médicaments agissent en imitant une hormone naturelle, ralentissant la digestion et procurant une sensation de satiété plus durable. Initialement développés pour traiter le diabète de type 2, ils ont démontré leur efficacité dans la gestion de l’obésité, touchant aujourd’hui plus d’un milliard de personnes dans le monde, et dont les cas ne cessent d’augmenter dans presque tous les pays.

L’OMS souligne que l’obésité est désormais à considérer comme une « maladie chronique et récurrente nécessitant des soins tout au long de la vie », et non plus comme une simple « condition liée au mode de vie ». Cette évolution dans la perception de la maladie est cruciale pour encourager une prise en charge à long terme et éviter la stigmatisation.

Selon l’OMS, 3,7 millions de décès ont été liés à l’obésité en 2023, en raison de maladies non transmissibles. L’impact économique mondial de l’obésité est estimé à 3 000 milliards de dollars par an d’ici 2030.

Peter Shepherd, professeur de médecine moléculaire et de pathologie à l’Université d’Auckland, a salué cette reconnaissance de l’importance des traitements médicaux dans la lutte contre l’obésité. Il a souligné l’évolution de la situation sanitaire mondiale : « En 100 ans, le monde est passé d’une crise sanitaire mondiale dominée par la malnutrition à une situation où le surpoids est désormais prédominant. »

« Cela a radicalement changé et nous comprenons désormais que les médicaments qui imitent une hormone naturelle appelée GLP-1 peuvent réduire l’appétit et le poids de manière sûre et efficace. »

Peter Shepherd, professeur de médecine moléculaire et de pathologie à l’Université d’Auckland

L’accès universel à ces thérapies reste cependant un défi majeur. Le document publié dans le JAMA souligne que « les coûts élevés, la capacité de production limitée et les contraintes de la chaîne d’approvisionnement restent des obstacles majeurs ». L’OMS appelle à une collaboration entre les secteurs public et privé pour surmonter ces difficultés, notamment en tenant compte de l’expiration prochaine des brevets du sémaglutide (Ozempic et Wegovy) dans certains pays.

En Australie, certains médicaments GLP-1 sont déjà approuvés pour le traitement du diabète ou de la gestion du poids chronique, mais ils ne sont remboursés par le Pharmaceutical Benefits Scheme (PBS) que dans certains cas de diabète de type 2. Les patients devant payer intégralement ces traitements peuvent voir leur facture atteindre 700 dollars australiens par mois.

Une étude préliminaire de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud a révélé que les ventes de médicaments de type GLP-1 en Australie ont été multipliées par près de 10 depuis 2020, atteignant environ 500 000 unités par mois en 2024-2025, et que près de 500 000 personnes en utilisent actuellement.

Le Royal Australian College of General Practitioners (RACGP) plaide pour le remboursement des médicaments contre l’obésité par le PBS, afin de réduire les inégalités en matière de santé et de supprimer un obstacle financier important pour de nombreux Australiens. En mars, le ministre de la Santé, Mark Butler, a demandé l’avis du Comité consultatif sur les avantages pharmaceutiques (PBAC) sur l’accès équitable aux médicaments GLP-1 pour le traitement de l’obésité via le PBS.

L’OMS a lancé un « appel mondial » à ses 194 États membres, dont l’Australie, pour qu’ils garantissent l’accès universel, abordable et durable aux services de gestion de l’obésité. « Une gestion efficace et un renversement de l’obésité à tous les âges, avec une intervention précoce et soutenue pour réduire et éventuellement éliminer les comorbidités associées, constituent désormais une perspective réaliste », conclut le document.

L’OMS estime que la manière dont les sociétés réagiront à cette opportunité déterminera si l’on assiste véritablement à « l’aube d’une nouvelle ère plus équitable ou à une occasion manquée d’enregistrer une réussite historique en matière de santé mondiale ».

Le lundi 1er décembre, la Therapeutic Goods Administration (TGA) a publié une alerte de sécurité concernant le risque potentiel de pensées et de comportements suicidaires chez les personnes prenant des médicaments à base de GLP-1, notamment Ozempic et Wegovy.

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