Publié le 8 janvier 2026 09h39. L’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a suspendu les contrôles de sécurité de deux réacteurs de la centrale de Hamaoka après la révélation de données falsifiées concernant les risques sismiques. Cette affaire porte un coup dur aux efforts du gouvernement japonais pour relancer l’énergie nucléaire, confronté à une opinion publique encore marquée par la catastrophe de Fukushima.
- La NRA a découvert que Chubu Electric Power Co. a manipulé des données pour minimiser les risques sismiques potentiels.
- Deux réacteurs de la centrale de Hamaoka, située dans une zone à forte activité sismique, ne pourront pas être réactivés tant que la situation ne sera pas clarifiée.
- L’incident relance le débat sur la sécurité des centrales nucléaires au Japon, où seulement un quart des réacteurs commerciaux sont actuellement en exploitation.
L’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a annoncé mercredi qu’elle mettait en pause les procédures de contrôle de sécurité concernant les réacteurs n°3 et 4 de la centrale nucléaire de Hamaoka, située à environ 200 kilomètres à l’ouest de Tokyo. La décision fait suite à la confirmation que Chubu Electric Power Co., l’exploitant de la centrale, a fabriqué des données relatives aux risques de tremblement de terre.
L’enquête, déclenchée en février dernier suite à un signalement d’un lanceur d’alerte, a révélé que des données sismiques ont été intentionnellement sous-estimées pendant des années. Shinsuke Yamanaka, président du comité de surveillance de la NRA, a déclaré que la falsification était flagrante.
« Assurer la sécurité est la première et principale responsabilité des exploitants de centrales nucléaires »,
Shinsuke Yamanaka, président du comité de surveillance de la NRA
Il a ajouté que cette manipulation constituait un « défi sérieux à la réglementation en matière de sécurité » et a annoncé une possible inspection du siège de Chubu Electric.
Le scandale a été publiquement reconnu lundi par Kingo Hayashi, le président de Chubu Electric, qui a présenté ses excuses et promis la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. Il a admis que des employés avaient utilisé des données sismiques inappropriées dans le but de minimiser les risques.
La centrale de Hamaoka est particulièrement sensible aux risques sismiques, étant située près de la zone de la fosse de Nankai, réputée pour ses mégaséismes potentiels. Deux autres réacteurs de la centrale sont en cours de démantèlement, et un cinquième est actuellement à l’arrêt. Chubu Electric avait initialement demandé une évaluation de sécurité pour les réacteurs n°3 et 4 en 2014 et 2015, dans l’espoir de les remettre en service.
Cette affaire intervient alors que le gouvernement japonais cherche à relancer l’énergie nucléaire, face à la hausse des coûts de l’énergie et à la nécessité de réduire les émissions de carbone. Cependant, l’opinion publique reste divisée après la catastrophe de Fukushima Daiichi en 2011, qui a conduit à l’arrêt de nombreuses centrales nucléaires. Selon la NRA, sur les 57 réacteurs commerciaux du Japon, seulement 13 sont actuellement en service, 20 sont à l’arrêt et 24 sont en cours de démantèlement.
La NRA prévoit de prendre une décision définitive sur l’avenir des réacteurs de Hamaoka la semaine prochaine, sans attendre les conclusions de l’enquête interne menée par Chubu Electric. L’examen des données, y compris celles déjà approuvées, pourrait être remis à zéro ou rejeté en totalité, a précisé Yamanaka.
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