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L’UDC veut envoyer les criminels dans les prisons du Maghreb

by Clara Dubois

Publié le 8 décembre 2025 23h00. Face à une recrudescence de la criminalité impliquant de jeunes hommes originaires du Maghreb, les appels à une politique migratoire plus ferme se multiplient en Suisse, notamment du côté de l’UDC qui propose des mesures de dissuasion plus sévères.

  • L’UDC réclame des sanctions plus lourdes pour les demandeurs d’asile impliqués dans des activités criminelles, allant jusqu’à l’exécution de leurs peines dans leur pays d’origine.
  • Les statistiques révèlent un taux de criminalité significativement plus élevé chez les ressortissants marocains et tunisiens par rapport à la population suisse.
  • D’autres pays européens explorent également des solutions pour accélérer les procédures d’expulsion et dissuader les demandes d’asile abusives.

La question de l’asile et de l’intégration des jeunes hommes originaires des pays du Maghreb est un sujet récurrent dans le débat public suisse. Les demandes d’asile déposées par des ressortissants nord-africains ont un faible taux d’acceptation – plus de 99 % sont rejetées – mais ces mêmes individus sont surreprésentés dans les statistiques de la criminalité, mettant à rude épreuve le système judiciaire.

Selon le psychiatre Frank Urbaniok (63 ans), les Marocains sont impliqués dans des affaires de violences graves 8 fois plus souvent que les Suisses, tandis que ce chiffre grimpe à 9 fois pour les Tunisiens. Face à cette situation, le ministre de l’Asile Beat Jans (61 ans) a mis en place une procédure accélérée de 24 heures pour faciliter l’expulsion des personnes ne bénéficiant pas de la protection internationale. Cependant, les résultats de cette mesure se sont avérés limités, comme le souligne un article de Blick.

Une épine dans le pied de l’UDC

Pour l’Union démocratique du centre (UDC), cette problématique est une source de préoccupation de longue date. Cette semaine, la conseillère nationale et avocate Nina Fehrüssel (45 ans) devrait présenter une proposition visant à durcir les sanctions à l’encontre des délinquants maghrébins sans motif d’asile valable. Parmi les mesures envisagées figurent l’extension des procédures accélérées à des délits tels que le vol et le cambriolage, ainsi que des retours plus rapides vers leur pays d’origine.

Fehrüssel estime également que les prisons suisses ne constituent pas une dissuasion suffisante pour ces individus. Elle propose donc de négocier avec les pays d’origine afin que les auteurs d’infractions y purgent leur peine, éventuellement avec une compensation financière de la Confédération. « En fin de compte, les deux parties en bénéficieraient », affirme-t-elle.

Un sentiment d’impunité ?

Selon l’UDC, les personnes concernées ne craignent pas les conséquences de leurs actes en Suisse. Abel Tizeroual, médiateur interculturel, a récemment déclaré au Tages-Anzeiger que l’État doit prendre des mesures beaucoup plus sévères à l’encontre des jeunes délinquants du Maghreb. Il souligne que les Marocains résidant en Suisse depuis longtemps sont embarrassés par les agissements de leurs compatriotes et considèrent que le pays est trop indulgent.

« Ils se comportent ainsi parce qu’ils savent qu’il ne leur arrivera pas grand-chose ici et que les prisons sont en réalité assez confortables. »

Abel Tizeroual, médiateur interculturel

Tizeroual dénonce également l’influence des réseaux sociaux, où des influenceurs sur TikTok ou Instagram présentent la Suisse comme un eldorado où il est facile de gagner de l’argent. Ces jeunes hommes réalisent ensuite qu’ils n’ont aucune chance d’obtenir l’asile ou un permis de séjour, ce qui engendre frustration et ressentiment.

Tizeroual insiste sur la nécessité de faire savoir à ces individus « que la Suisse est dure et qu’ils seront renvoyés très vite ». Il estime que l’exécution de leur peine dans leur pays d’origine serait encore plus dissuasive, en raison des conditions carcérales plus sévères et de la difficulté de revenir en Europe après avoir purgé sa peine.

En 2024, Blick a rencontré un passeur tunisien qui a révélé comment il organise l’arrivée illégale de milliers de réfugiés en Europe, offrant un aperçu choquant de la gestion des flux migratoires.

Des solutions européennes en recherche

Plusieurs pays européens cherchent également des solutions pour accélérer les procédures d’expulsion. L’Italie, sous la direction de Giorgia Meloni (48 ans), a créé des centres en Albanie où les demandeurs d’asile doivent présenter leur requête et attendre une décision, conformément au droit européen. Cependant, ce projet a rencontré l’opposition du système judiciaire italien et les centres sont restés largement vides.

Le Royaume-Uni a également échoué dans sa tentative de sous-traiter les procédures d’asile au Rwanda. La Cour suprême britannique a jugé que le Rwanda n’est pas un pays sûr et que les demandeurs d’asile risquent de ne pas y être traités équitablement.

Malgré ces échecs, les Pays-Bas et l’Autriche envisagent toujours d’explorer des options similaires. L’idée est notamment d’établir des « hubs de transit » où les personnes dont la demande d’asile a été rejetée pourraient être prises en charge jusqu’à ce que la situation dans leur pays d’origine s’améliore. L’Autriche étudie notamment la possibilité d’une solution en Ouganda.

Le conseiller fédéral Beat Jans se montre pour l’instant sceptique quant à ces approches, estimant que certaines mesures annoncées par d’autres pays européens sont juridiquement fragiles et peu efficaces. Il a déclaré au Tages-Anzeiger : « On annonce des mesures qui ne servent à rien et dont certaines ne peuvent pas être mises en œuvre. »

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