Publié le 16 octobre 2025 à 18h05. La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a présenté une feuille de route ambitieuse pour renforcer les capacités de défense européennes, cherchant à apaiser les inquiétudes concernant les chevauchements avec l’OTAN et les critiques sur les coûts.
- L’UE prévoit de déployer un système de défense anti-drone à l’échelle européenne d’ici 2027.
- Un bouclier défensif en Europe de l’Est contre les missiles russes est également à l’étude, avec l’Allemagne potentiellement en première ligne.
- La Commission européenne propose une commande commune d’armes pour améliorer l’interopérabilité et réduire les coûts, une proposition qui suscite des débats.
Avant même la publication officielle de ce plan de défense, des critiques se sont fait entendre, notamment de la part de pays comme la Suède, soulevant les préoccupations classiques des courants conservateurs. D’autres mettent en garde contre une duplication des structures existantes au sein de l’OTAN, la plupart des États membres de l’UE étant également membres de l’alliance atlantique.
Kaja Kallas a tenu à souligner que tous les projets de défense seraient mis en œuvre « en étroite coopération avec l’OTAN », lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Elle a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée pour éviter les doublons et maximiser l’efficacité.
Un système anti-drone d’ici 2027 pour tous les pays de l’UE
La défense contre les drones est une priorité. Les dirigeants de l’OTAN ont salué l’initiative de la Commission européenne de développer un système moderne de défense anti-drone, reconnaissant que l’alliance a un certain retard à rattraper, comme l’ont démontré les incidents récents de drones en Pologne. Cette initiative européenne est donc perçue comme un complément bienvenu.
Selon Kaja Kallas, les drones ont profondément transformé la nature de la guerre. Elle propose donc un système anti-drone doté de capacités de détection précoce avancées pour une défense rapide contre les attaques. L’objectif est de rendre ce système opérationnel dans tous les pays de l’UE d’ici 2027.
Un autre axe majeur de cette initiative est le renforcement de la défense aérienne en Europe de l’Est contre les menaces de missiles russes, avec la mise en place d’un bouclier défensif. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a indiqué hier, lors de la réunion de l’OTAN à Bruxelles, que l’Allemagne pourrait prendre la tête de ce projet.
« Les contribuables nous en remercieront. »
La mise en œuvre du troisième volet de cette stratégie pourrait s’avérer plus complexe : il s’agit de la commande commune d’armes. Kallas a souligné que cet aspect est crucial pour améliorer l’interopérabilité et réduire les coûts. Si cette proposition est adoptée, les pays européens se mettraient d’accord sur un nombre limité de systèmes d’armes, qui seraient ensuite acquis pour l’ensemble de leurs armées. Selon Kallas, cela permettrait d’améliorer l’efficacité des équipements lors de leur utilisation et de réaliser des économies significatives. « Les contribuables nous en remercieront », a-t-elle affirmé.
Cette proposition ne fait pas l’unanimité parmi les ministres de la Défense, certains craignant de perdre leur autonomie et de devoir céder des responsabilités. La proposition de la Commission européenne sera examinée de manière approfondie lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, prévu la semaine prochaine.
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