Publié le 12 décembre 2025 23:58:00. L’ancien président bolivien Luis Arce a été placé en détention préventive pour cinq mois à La Paz, dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds publics alloués à des projets autochtones lorsqu’il était ministre de l’Économie. Cette décision intervient alors que le gouvernement actuel cherche, selon Arce, des « boucs émissaires ».
- L’ancien président Luis Arce est accusé de « manquement aux devoirs et conduite non économique ».
- La détention préventive a été ordonnée par un juge anti-corruption pour une durée de cinq mois.
- Arce se déclare innocent et dénonce une motivation politique derrière son arrestation.
Un juge de La Paz a ordonné vendredi la détention préventive de l’ancien président bolivien Luis Arce pour une période de cinq mois. L’enquête porte sur la gestion présumée de fonds destinés au développement de projets pour les communautés autochtones, alors qu’Arce occupait le poste de ministre de l’Économie sous la présidence d’Evo Morales (2006-2019). Le juge Mario Helmer Laura a estimé qu’une mesure d’enfermement était nécessaire pour garantir le bon déroulement de la procédure judiciaire.
Selon l’ordonnance de placement en détention, Arce devra se défendre en étant maintenu en détention dans la prison de San Pedro, située au centre de La Paz. Le juge a toutefois précisé que l’ancien chef de l’État pourrait solliciter une libération provisoire pour des raisons médicales, à condition que l’administration pénitentiaire garantisse sa sécurité physique dans un lieu distinct de la population carcérale générale.
La décision a été prise après plus de six heures d’audience virtuelle. Le juge a jugé qu’Arce n’avait pas suffisamment réfuté le risque d’entrave à la justice, malgré la présentation de garanties d’emploi et de domicile stable à La Paz.
« Je suis absolument innocent et je considère que mon arrestation relève de motivations clairement politiques. Le gouvernement de Rodrigo Paz cherche des boucs émissaires et tente de masquer ce qui se passe réellement dans le pays. »
Luis Arce, ancien président de la Bolivie
Arce a également dénoncé l’illégalité de son arrestation, affirmant avoir été intercepté par des individus masqués dans un quartier central de La Paz et transporté dans deux véhicules sans qu’un mandat d’arrêt ne lui soit immédiatement présenté.
Le cas
Le ministère public accuse Arce de « manquement aux devoirs et conduite non économique » en raison de l’autorisation, selon ses dires, de décaisser des fonds du Fonds de développement paysan et agricole indigène (Fondioc) pour des projets qui n’ont jamais été réalisés ou qui ne l’ont été que partiellement. Le ministère public avait initialement demandé une détention préventive de trois mois, mais le procureur général et le vice-ministère de la Transparence avaient plaidé pour une peine de six mois.
Il est important de noter que le ministère public précise que les faits reprochés à Arce concernent ses actions en tant que ministre et non en tant que président, ce qui implique que l’affaire sera traitée par les voies judiciaires ordinaires et non dans le cadre d’une procédure de responsabilité applicable aux anciens hauts fonctionnaires de l’État.
Le ministère public affirme qu’il existe plus de 3 500 projets financés par le ministère de l’Économie, dont « moins de la moitié ont été achevés ». Il souligne également qu’il y a eu des « décaissements sur des comptes privés de dirigeants » d’organisations indigènes et paysannes.
Arce a quant à lui soutenu qu’en tant que ministre, il ne participait pas aux réunions du conseil d’administration de Fondioc, mais qu’il désignait un représentant par le biais de résolutions ministérielles. Cet organe comptait également des délégués d’autres ministères et institutions.
La défense d’Arce a demandé sa libération « pure et simple », en s’engageant à se présenter à toutes les convocations de l’enquête. Elle a également mis en avant l’âge de l’ancien président (62 ans) et son état de santé, notamment son cancer, comme des facteurs atténuants, bien que le juge ait souligné l’absence de certificat médical à jour.
Depuis la fin de son mandat présidentiel le 8 novembre, Luis Arce s’est consacré à l’enseignement de cours d’économie à l’Université publique de San Andrés (UMSA), une activité qu’il poursuivait déjà pendant son mandat.
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