Publié le 1er décembre 2025 à 13h39. Des négociations en Floride entre l’Ukraine et les États-Unis ont révélé des divergences profondes sur un éventuel accord de paix, notamment concernant le statut du Donbass et les garanties de sécurité pour Kiev.
- L’Ukraine refuse catégoriquement de retirer ses troupes du Donbass, une exigence clé formulée par Moscou.
- Les États-Unis tentent de jouer un rôle de médiateur, mais se heurtent à la fermeté des positions de chaque camp.
- La question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN reste un point de friction majeur, avec des discussions sur des solutions alternatives.
Les discussions, qui se sont tenues le 30 novembre en Floride, ont mis en lumière la complexité des enjeux et la difficulté de parvenir à un compromis durable. La délégation ukrainienne, confrontée à la pression américaine pour trouver un terrain d’entente avec la Russie, a réaffirmé sa position de principe : le retrait de ses forces du Donbass est hors de question, compte tenu des contraintes constitutionnelles, de l’opinion publique et de la situation militaire sur le terrain.
Selon une source proche des négociations, citée par RBC-Ukraine, les discussions ont porté sur des “thèmes difficiles”, en particulier la question territoriale. Les États-Unis ont transmis à Kiev la position de Moscou, qui insiste pour un retrait complet des forces ukrainiennes du Donbass. Cependant, l’Ukraine maintient qu’une telle demande est inacceptable.
« La recherche de solutions possibles se poursuit, mais la question est extrêmement compliquée »,
Source de RBC-Ukraine
L’aspiration de l’Ukraine à rejoindre l’OTAN, inscrite dans sa Constitution, constitue un autre obstacle majeur. La délégation ukrainienne a souligné que toute modification de cet engagement pourrait créer un dangereux précédent. Les États-Unis, tout en comprenant les arguments ukrainiens, insistent sur la nécessité de trouver un compromis avec la Russie, qui a ses propres exigences.
Une source de CNN a souligné que la restitution de la partie inoccupée du Donbass serait « au-delà du raisonnable », car elle affaiblirait les défenses de l’Ukraine et augmenterait le risque d’une nouvelle agression. Néanmoins, des solutions préservant les principes constitutionnels et la sécurité du pays pourraient être envisagées. Une option discutée serait de limiter de facto la possibilité pour l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN par le biais d’un accord avec la Russie, sans pour autant renoncer formellement à ses ambitions euro-atlantiques.
Parallèlement, des discussions ont eu lieu sur la possibilité d’organiser de nouvelles élections en Ukraine, mais la question des garanties de sécurité de la part des États-Unis et de l’Occident reste en suspens. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a dirigé la délégation américaine, a qualifié la réunion de “très productive”, tout en reconnaissant qu’un travail important reste à accomplir. Il a également souligné la nécessité de l’implication de la Russie dans le processus.
Le président américain Donald Trump a exprimé son optimisme quant à la possibilité de parvenir à un accord.
« Je pense que la Russie voudrait que cela se termine et je pense que l’Ukraine, je sais que l’Ukraine voudrait que cela se termine »,
Donald Trump, président américain
Trump a présenté un plan en 28 points pour mettre fin au conflit, qui a été légèrement modifié lors de discussions à Genève. Il a toutefois averti que le scandale de corruption en Ukraine pourrait entraver les négociations.
L’absence d’Andriy Yermak, chef de cabinet du président Zelensky, dans la délégation ukrainienne, en raison d’une enquête pour corruption, a également été remarquée. Selon le New York Times, Yermak était le principal négociateur lors des précédentes discussions avec les Américains. Malgré son absence, les autorités ukrainiennes affirment que la dynamique des négociations n’a pas fondamentalement changé.
Enfin, un haut représentant européen a mis en garde contre toute tentative d’accorder une amnistie à Vladimir Poutine pour les crimes de guerre commis par les forces russes.
« Je ne pense pas que l’histoire accueillera avec bienveillance toute tentative visant à oublier les crimes russes en Ukraine »,
Michael McGrath, commissaire européen à la Justice et à la Démocratie
Il a souligné que la Russie doit être tenue responsable de ses actes, notamment l’enlèvement de 20 000 enfants ukrainiens et les attaques contre des civils à Bucha et Marioupol.
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