Publié le 9 décembre 2025 à 21h02. L’Ukraine s’apprête à présenter aux États-Unis une version affinée de son plan de paix pour mettre fin à la guerre avec la Russie, alors que la pression s’intensifie pour parvenir à un accord, malgré les divergences persistantes et les exigences russes.
- L’Ukraine et ses partenaires européens vont soumettre aux États-Unis des propositions de paix plus détaillées.
- Kiev résiste à un plan de paix soutenu par Washington, jugé trop favorable à Moscou.
- Le président finlandais Alexander Stubb estime que l’on est plus proche d’un accord de paix qu’il ne l’a jamais été.
Après des jours de négociations diplomatiques intenses, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que Kiev, avec le soutien de ses alliés européens, va bientôt soumettre aux États-Unis une version plus élaborée de son plan de paix visant à mettre fin au conflit avec la Russie. Cette annonce intervient alors que l’administration américaine exerce des pressions croissantes sur l’Ukraine pour parvenir à une résolution rapide, tout en étant consciente des difficultés à concilier les positions divergentes.
Kiev, cependant, se montre réticente à accepter un plan de paix proposé le mois dernier par les États-Unis, considéré par beaucoup comme trop conciliant envers Moscou. Les responsables ukrainiens insistent également sur la nécessité d’obtenir des garanties de sécurité solides de leurs partenaires, afin de prévenir une nouvelle agression russe à l’avenir. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), M. Zelensky a précisé que les nouvelles propositions, issues d’une réunion avec les dirigeants britannique, français et allemand à Londres, étaient désormais prêtes à être examinées par Washington.
« Les composantes ukrainienne et européenne sont désormais plus développées et nous sommes prêts à les présenter à nos partenaires américains. Avec la partie américaine, nous espérons rendre rapidement les mesures potentielles aussi réalisables que possible. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Le président finlandais Alexander Stubb, impliqué dans les efforts de médiation, a estimé que l’on se rapprochait d’un accord de paix. Il a révélé que les alliés travaillaient sur trois documents distincts : un cadre en 20 points, un ensemble de garanties de sécurité et un plan de reconstruction.
« Je pense que nous sommes plus proches d’un accord de paix que nous ne l’avons jamais été depuis le début de la guerre. »
Alexander Stubb, président finlandais
Cette perspective se dessine alors que l’ancien président américain Donald Trump intensifie ses appels à une résolution rapide du conflit, suggérant que l’Ukraine devrait faire des concessions douloureuses face aux avancées russes sur le champ de bataille. M. Trump a souligné la position de force de la Russie, affirmant :
« Ils sont beaucoup plus grands. Ils sont beaucoup plus forts en ce sens. Zelensky devrait se mettre au travail et commencer à accepter les choses. »
Donald Trump, ancien président américain
Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a déjà posé comme condition préalable à tout cessez-le-feu la cession par l’Ukraine de l’ensemble de la région orientale du Donbass, une exigence que Kiev a toujours rejetée.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadrice adjointe des États-Unis, Jennifer Locetta, a réaffirmé l’engagement de Washington à faciliter le dialogue entre Moscou et Kiev, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu durable et à un accord de paix qui garantisse la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a quant à lui souligné que la Russie était prête à envisager une solution diplomatique, mais a insisté sur le fait que ses objectifs militaires seraient de toute façon atteints.
« L’histoire démontre sans cesse que chaque nouvelle proposition présentée à l’Ukraine lui est moins favorable que la précédente. La Russie atteindra de toute façon les objectifs de son opération militaire spéciale. La seule question est de savoir si nous le ferons militairement ou diplomatiquement ? Nous réaffirmons que nous préférons cette dernière solution. »
Vassily Nebenzia, ambassadeur russe à l’ONU
