Publié le 17 décembre 2025 18h32. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a mis en garde contre un blocage définitif de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne, après l’opposition croissante de l’Italie et de la France. La signature, prévue ce samedi à Foz do Iguaçu, est désormais incertaine.
- Lula da Silva menace de ne plus négocier d’accords commerciaux si celui-ci n’est pas ratifié rapidement.
- L’Italie et la France invoquent des préoccupations liées à leurs secteurs agricoles pour demander un report de la signature.
- Le Mercosur estime avoir fait toutes les concessions diplomatiques possibles pour parvenir à un accord.
La perspective d’un accord commercial entre le Mercosur (Marché commun du Sud) et l’Union européenne s’éloigne, fragilisée par les réticences de plusieurs États membres européens. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a exprimé sa frustration ce mercredi, avertissant que le Brésil ne conclura plus aucun accord commercial s’il n’est pas approuvé « maintenant ».
À l’issue d’une réunion avec son cabinet, Lula a déclaré avec fermeté :
« Je vous ai déjà prévenu : si nous ne le faisons pas maintenant, le Brésil ne conclura aucun autre accord tant que je serai président. »
Il a également prévenu que les relations avec le bloc communautaire européen pourraient se détériorer en cas d’échec. Quelques heures auparavant, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, avait jugé « prématuré de signer l’accord dans les prochains jours ».
Le président brésilien, qui se rendra à Foz do Iguaçu pour la cérémonie de signature prévue samedi, a affiché un mélange d’espoir et de menace :
« Je vais à Foz do Iguaçu avec l’espoir qu’ils diront ‘oui’ et non pas ‘non’, mais s’ils disent non, nous serons désormais durs avec eux. »
Il a souligné que la France et l’Italie, autrefois favorables à l’accord, ont désormais changé d’avis. Il a critiqué le président français Emmanuel Macron, qu’il accuse de protéger ses agriculteurs, et s’est interrogé sur les motivations de Giorgia Meloni :
« Maintenant la France et l’Italie ne veulent plus. Emmanuel Macron n’en veut pas pour ses agriculteurs et Giorgia Meloni y est désormais opposée, on ne sait pourquoi. »
Selon Lula, le Mercosur a fait d’importants efforts pour parvenir à un compromis.
« Le fait concret est qu’au Mercosur nous travaillons dur pour accepter cet accord et transmettre l’idée que, quand il y a un président aux Etats-Unis, Donald Trump, qui renforce l’unilatéralisme, nous sommes ici pour défendre le multilatéralisme. »
Il a insisté sur le fait que l’accord est plus avantageux pour l’UE que pour le Mercosur, qui « a cédé tout ce qui était diplomatiquement possible ».
Négocié pendant plus de deux décennies, cet accord commercial vise à créer un marché commun de 722 millions d’habitants. Il permettrait à l’UE d’accroître ses exportations de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique du Sud, tandis que le Mercosur bénéficierait d’un accès facilité au marché européen pour ses produits agricoles tels que la viande, le sucre, le riz, le miel et le soja. Cependant, les inquiétudes concernant les conséquences pour les agriculteurs européens persistent et freinent la ratification de l’accord.
DZC (EFE,AFP)
