Home NouvellesGuerre des taux : le gouvernement a dénoncé les maires et créé une carte pour montrer qui gagne le plus

Guerre des taux : le gouvernement a dénoncé les maires et créé une carte pour montrer qui gagne le plus

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 décembre 2025 17:55:00. Le ministère de l’Économie argentin a lancé une plateforme de transparence fiscale pour les taxes municipales, une initiative née d’une polémique autour de fortes augmentations d’impôts locaux, notamment dans la commune de Pilar.

  • Le ministère de l’Économie a mis en ligne un portail recensant les taux d’imposition municipaux à travers le pays.
  • Cette initiative fait suite à une vive discussion publique concernant l’augmentation de la taxe de protection de l’environnement dans la ville de Pilar.
  • Le gouvernement argentin cherche à promouvoir la transparence fiscale au niveau local, mais son pouvoir d’action sur les taxes municipales reste limité.

Dans un contexte de forte pression fiscale et d’inflation persistante, le gouvernement argentin a dévoilé un outil destiné à éclairer les citoyens sur les impôts locaux. Le portail de Transparence des taxes municipales, lancé ce mercredi, permet de comparer les taux d’imposition pratiqués par les différentes municipalités du pays, incluant la Ville autonome de Buenos Aires (CABA). La plateforme présente une carte interactive indiquant les tarifs appliqués pour diverses taxes, telles que la taxe de circulation, les taxes sur les activités économiques et les frais d’inspection de sécurité et d’hygiène.

Cette initiative intervient après une polémique suscitée par l’augmentation significative de la taxe de protection de l’environnement dans la commune de Pilar, dirigée par Federico Achaval. L’équipe économique a ainsi souhaité mettre en lumière les disparités fiscales existantes au niveau local. « Dans le but de renforcer la transparence fiscale dans le domaine des collectivités locales, le ministère de l’Économie publie le portail Transparence des taxes municipales, un outil qui rassemble des informations fiscales auprès des municipalités de tout le pays », a souligné le ministère dans un communiqué publié sur son compte X.

Le portail détaille les taux appliqués dans chaque municipalité, en tenant compte des bases d’imposition et des secteurs économiques concernés. Il permet ainsi aux citoyens et aux entreprises de comparer les charges fiscales entre les différentes juridictions. Par exemple, dans la province de Buenos Aires, le portail identifie les communes qui facturent une taxe de circulation, ainsi que les taux appliqués aux entités financières, aux activités primaires, aux industries et aux hypermarchés. Pilar affiche un taux de 4,5 %, tandis que Lanús, où siège Julien Álvarez, en affiche 6 %.

Bien que le ministère de l’Économie encourage les entreprises à choisir les municipalités offrant les taux les plus avantageux, son influence sur les décisions fiscales locales reste limitée. Claudia Balestrini, sous-secrétaire aux recettes publiques, estime que les entreprises devraient supporter les pertes fiscales résultant de l’inflation, même si la loi leur permet de les actualiser. Cette position se traduit par un coût pour les entreprises comparable, voire supérieur, à celui d’une redevance environnementale.

Le gouvernement argentin envisage une « réforme fiscale structurelle » pour cette année, qui pourrait aboutir à un pacte fiscal avec les gouverneurs, à l’image de celui conclu avec Mauricio Macri par le passé. Cette réforme pourrait porter sur l’impôt sur le revenu brut (IIBB), principal mécanisme de collecte des provinces, qui pèse lourdement sur le secteur privé en raison des soldes favorables générés par les régimes de retenue anticipée. Cependant, le ministre de l’Économie, Luis Caputo, a indiqué qu’il ne fallait pas s’attendre à une baisse de ce taux.

Lors de sa participation au Conseil interaméricain du commerce et de la production (CICyP), le ministre Caputo a été interpellé par le secteur privé sur la possibilité d’un accord avec les gouverneurs pour réduire le taux de l’IIBB. Il a répondu par la négative, soulignant que les gouverneurs ont un pouvoir important sur cet impôt, qui constitue leur principale source de financement.

À ce jour, peu d’informations ont filtré sur le contenu de la réforme fiscale structurelle envisagée par le gouvernement, qui devrait être présentée d’ici la fin du premier trimestre 2026. Luis Caputo a toutefois mis en garde contre les attentes, soulignant que l’excédent budgétaire ne permettrait pas de renoncer aux recettes fiscales actuelles, notamment celles provenant de la taxe sur les chèques et des retenues.

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