Le président brésilien sortant Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de l’élection présidentielle du 25 octobre 2026 avec 51,76 % des suffrages. Face au sénateur d’extrême droite Flávio Bolsonaro, ce scrutin serré offre au dirigeant de gauche un quatrième mandat historique à la tête du pays.
Lula l’emporte de justesse
Le vétéran de la vie politique brésilienne a déjoué les pronostics pour s’imposer de justesse lors de ce second tour. Avec 51,76 % des voix contre 48,24 % pour son rival conservateur, le président sortant a devancé le sénateur Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. C’est la première fois depuis le retour à la démocratie au Brésil qu’un candidat arrivé derrière au premier tour parvient à inverser la tendance pour remporter la présidence.
Au soir du premier tour le 4 octobre, Flávio Bolsonaro tenait la tête de la course avec 47,03 % des suffrages, devançant les 45,16 % récoltés par Lula.
Le Tribunal électoral supérieur a recensé 30,4 millions d’abstentions au second tour, soit une baisse de trois millions par rapport aux 33,4 millions enregistrés le 4 octobre.
La remontée du président sortant
La soirée électorale a offert un suspense total au rythme du dépouillement officiel géré par le Tribunal électoral supérieur. Au début du comptage, lorsque les premiers bulletins ont été enregistrés, Flávio Bolsonaro a pris l’avantage, atteignant environ 50,5 % des voix sur les premiers 25 % de bulletins dépouillés.
Au fil des heures, à mesure que les urnes du Nord-Est — bastion traditionnel de la gauche — livraient leurs résultats, Lula est repassé en tête pour creuser progressivement l’écart.

Le scrutin s’est déroulé sous des conditions météorologiques difficiles, incluant des orages, des inondations et des coupures d’électricité.
Quelques heures avant la fermeture officielle des bureaux de vote à 17 h heure de Brasilia, le juge de la Cour suprême Cristiano Zanin a ordonné de prolonger le vote de deux heures.
Cette décision faisait suite à un recours en urgence. Ce recours était porté par l’équipe de campagne présidentielle, qui dénonçait des restrictions d’accès aux transports en commun dans des villes administrées par la droite, telles que São Paulo et Salvador de Bahia.
🔴🇧🇷 LE CAMP LULA CONFIRME : LULA EST RÉÉLU ! Immense bonheur ce soir pour le peuple brésilien ! Et cette certitude : quand le peuple se mobilise, le peuple gagne.Au Brésil, l’extrême droite est battue et @LulaOficial est réélu au terme d’une campagne d’entre-deux-tours d’une… pic.twitter.com/9JdbGKcrvj
Le scrutin se poursuit uniquement dans les bureaux de vote où il n’était pas encore terminé à 17
Tribunal supérieur électoral, via France24
Un Parlement d’opposition
À presque 81 ans, le président réélu entamera en janvier 2027 ce nouveau mandat de quatre ans, qui l’amènera à diriger le pays jusqu’en 2030. Aucun président démocratiquement élu n’a exercé le pouvoir aussi longtemps au Brésil, s’ajoutant à ses mandats précédents de 2003 à 2010 et à celui débuté en 2023.
Le Tribunal supérieur électoral a validé le résultat final à 21 h 14 heure de Brasilia, avec un total de 99,77 % des sections dépouillées, établissant l’écart final à plus de 4,3 millions de suffrages.

Le raz-de-marée conservateur enregistré lors des élections législatives a assuré au Parti libéral de la famille Bolsonaro une position de force au sein du Congrès. Ce raz-de-marée a garanti une domination nette dans les deux chambres dès 2027.
Le Brésil demeure ainsi un rare îlot progressiste en Amérique latine, se distinguant des orientations prises récemment par d’autres nations de la région comme l’Argentine, le Chili ou la Colombie.