Publié le 10 décembre 2025. Une étude récente révèle que l’augmentation des dépenses de santé pourrait inciter les Américains à puiser dans leurs plans 401(k) pour faire face à des difficultés financières croissantes, mettant en péril leur préparation à la retraite.
- Plus de la moitié des adultes américains craignent que les coûts des soins de santé ne retardent leur retraite.
- Les dépenses de santé sont la catégorie de dépenses la plus susceptible d’avoir augmenté chez les participants qui ont contracté un prêt sur leur plan 401(k).
- Le recours aux prêts 401(k) est plus fréquent chez les ménages ayant une utilisation plus élevée des cartes de crédit, signe de fragilité financière.
Selon un rapport publié le 4 décembre par l’Employee Benefits Research Institute (EBRI), les participants ayant contracté des prêts sur leur plan 401(k) en 2021 et 2022 ont souvent utilisé ces fonds pour couvrir des dépenses de santé plus importantes. L’étude met en lumière une tendance inquiétante : les Américains sont de plus en plus contraints de sacrifier leur épargne-retraite pour faire face à des coûts médicaux imprévus ou croissants.
L’analyse de l’EBRI montre que 51 % des ménages dont un participant a contracté un prêt ont vu leurs dépenses de santé augmenter d’au moins 10 % au cours de l’année où le prêt a été souscrit. Ce chiffre contraste avec 47,8 % pour les ménages n’ayant pas eu recours à un prêt. Cela suggère que les prêts 401(k) sont souvent utilisés comme un filet de sécurité pour gérer des dépenses médicales imprévues.
« Dans de nombreux cas, les participants se demandent : “Où puis-je trouver des ressources pour couvrir mes dépenses ?” Où ai-je encore de l’argent disponible ? »
Copeland, analyste à l’EBRI
L’étude souligne également un lien entre le recours aux prêts 401(k) et l’utilisation des cartes de crédit, ce qui indique une vulnérabilité financière accrue. Parmi les ménages en difficulté financière, 58,7 % des participants de 50 ans ou plus ont constaté une augmentation de leurs dépenses de santé, contre 52,5 % pour ceux n’ayant pas contracté de prêt.
Les participants pourraient contracter ces prêts soit en prévision de dépenses de santé futures, soit pour rembourser des frais médicaux déjà engagés, explique Copeland. Même une augmentation des dépenses inférieure à 10 % peut modifier la structure des dépenses d’un foyer, selon le rapport.
L’EBRI a comparé la part de chaque catégorie de dépenses dans le budget des ménages avant et après la souscription d’un prêt. Les dépenses non spécifiées en espèces (22,8 % des ménages), le logement (21 %) et les soins de santé (19,7 %) sont celles qui ont le plus augmenté.
Impact sur la préparation à la retraite
Une enquête menée en 2025 par le National Retirement Institute indique que plus de la moitié des adultes américains (55 %) craignent que les coûts des soins de santé ne les obligent à reporter leur retraite ou à réduire leur niveau de vie une fois à la retraite. 51 % d’entre eux affirment que les frais médicaux ont déjà considérablement réduit leur épargne-retraite.
En 2025, 41 % des personnes interrogées ont renoncé à des rendez-vous médicaux en raison de leur coût. Près d’un tiers (31 %) ne pourraient pas faire face à une facture médicale imprévue de 500 $, et 66 % ne sont pas en mesure d’estimer leurs dépenses médicales totales sur leur vie.
« Les Américains puisent dans leur 401(k) pour survivre aujourd’hui, sacrifiant ainsi leur sécurité financière de demain. »
Teresa Ghilarducci, professeure d’économie et d’analyse politique à la New School
Ghilarducci souligne une différence importante entre les dépenses liées au logement et celles liées à la santé : les dépenses de logement sont souvent planifiées (par exemple, un acompte), tandis que les dépenses de santé sont plus souvent imprévues et urgentes.
Selon l’étude de l’EBRI, le niveau de revenu ne semble pas influencer la probabilité de contracter un prêt sur un plan 401(k), avec une proportion de prêts comprise entre 9 % et 10 % dans tous les groupes de revenus. Cependant, les participants ayant les soldes les plus faibles sont moins susceptibles de contracter un prêt, mais une fois que le solde atteint 10 000 $ (environ 8 800 €), la probabilité de contracter un prêt est similaire pour les soldes supérieurs à 100 000 $ (environ 88 000 €).
Des recherches antérieures de Ghilarducci montrent que les chocs économiques (perte d’emploi, divorce, problèmes de santé) sont à l’origine d’un cinquième des retraits des comptes de retraite, touchant de manière disproportionnée les travailleurs à faible revenu.
L’étude de l’EBRI révèle également que les participants issus de ménages ayant une utilisation plus importante des cartes de crédit ont des taux de cotisation moyens plus faibles à leur plan 401(k). Par exemple, chez les participants âgés de 50 ans, ceux issus de ménages utilisant davantage les cartes de crédit cotisent en moyenne à 5,6 %, contre 7,6 % pour ceux qui en utilisent moins.
Pour aider les participants à éviter de recourir aux prêts sur leur plan, Copeland recommande aux gestionnaires de régime d’encourager l’épargne liquide, comme les comptes de dépenses flexibles pour les soins de santé, les comptes d’épargne santé (si éligibles) et les comptes d’épargne d’urgence.
Le rapport de l’EBRI conclut toutefois qu’interdire les prêts sur les plans 401(k) n’est pas forcément une solution. Copeland explique qu’il est généralement moins coûteux de contracter un prêt auprès de son plan 401(k) que de s’endetter auprès d’une carte de crédit.
