Plusieurs artistes invités de la tournée américaine d’Ed Sheeran ont annoncé leur départ en signe de solidarité avec le rappeur Macklemore, lui-même évincé de l’affiche après des propos pro-palestiniens. Cette décision suscite une vive polémique et met en lumière les tensions autour des prises de position politiques dans la musique.
La tournée américaine de la star pop Ed Sheeran se retrouve secouée par une vague de désistements en cascade. Le rappeur Macklemore, dont le vrai nom est Ben Haggerty, a été retiré de l’affiche de la tournée après avoir exprimé son soutien à la Palestine lors d’un concert donné le 4 septembre dernier au MetLife Stadium, dans le New Jersey, selon les informations rapportées par la presse.
Ed Sheeran rejette la responsabilité sur le promoteur et évoque des pressions des salles
Face à la polémique, Ed Sheeran a pris la parole sur son compte Instagram pour clarifier sa position à travers une série de diapositives. L’artiste britannique a affirmé que l’éviction de son invité ne venait pas de lui.
Ed Sheeran, musicien, a déclaré que le départ de Macklemore de la tournée était la décision du promoteur et qu’il ne s’agissait pas de la sienne.
Selon le promoteur de la tournée américaine, le Messina Touring Group, les propriétaires de plusieurs salles de concert avaient averti qu’ils refuseraient d’accueillir les spectacles si le rappeur restait sur la liste des artistes. De son côté, Ed Sheeran a expliqué qu’il avait longuement échangé avec les responsables des sites pour tenter de trouver un compromis, sans succès. Il a également rappelé qu’il préférait ne pas utiliser sa tribune professionnelle pour faire de la politique, estimant que son public cherche avant tout un espace de sécurité et de neutralité.
Le rôle de Robert Kraft et les accusations d’antisémitisme
La décision d’écarter Macklemore s’inscrit dans un climat de tensions exacerbées. Le milliardaire Robert Kraft, propriétaire des New England Patriots, a ouvertement confirmé avoir exercé des pressions pour exclure le rappeur du Gillette Stadium, dans le Massachusetts. Il a justifié son action en invoquant un passif plus large de rhétorique et d’imagerie antisémite, faisant notamment référence à un costume de 2014 pour lequel le rappeur s’était déjà excusé.
Dans un message publié sur Instagram, Macklemore a affirmé qu’Ed Sheeran l’avait prévenu de l’implication de Robert Kraft dans l’organisation d’un boycott mené par plusieurs propriétaires de stades. Le rappeur a vivement réagi à ces pressions.

Macklemore, rappeur, a affirmé qu’il lui avait répondu que si ces mots étaient plus choquants que les dizaines de milliers d’enfants palestiniens tués par Israël, il existait alors un décalage fondamental entre la position de ces personnes et la sienne.
Macklemore a également nié tout caractère antisémite dans ses propos de concert, estimant que l’amalgame entre l’antisémitisme et la critique des actions d’Israël sert à soustraire le gouvernement israélien à ses responsabilités. Les défenseurs de la cause palestinienne, de même que plusieurs personnalités politiques et artistiques, ont salué son engagement en faveur de la population de Gaza, rappelant qu’il avait notamment sorti en 2024 le morceau de protestation Hind’s Hall
en mémoire d’une fillette palestienne tuée.
Une vague de départs parmi les artistes de la première partie
La décision d’évincer Macklemore a provoqué une onde de choc au sein même de la tournée. Plusieurs musiciens et groupes invités ont annoncé qu’ils se retiraient de l’événement en signe de soutien au rappeur et de solidarité avec la Palestine, d’après les déclarations publiées.
- Le musicien Finneas, qui collabore régulièrement avec Billie Eilish, a déclaré que les artistes ne devaient pas être réduits au silence lorsqu’ils défendent les opprimés.
- Le chanteur et auteur-compositeur irlandais Aaron Rowe ainsi que le groupe traditionnel irlandais Beoga ont quitté la tournée en invoquant l’histoire de leur propre pays face à la colonisation.
- Le groupe danois Lukas Graham a également pris la décision de se retirer de l’affiche.
Alors que la tournée se poursuit sous tension, la confrontation entre les exigences de neutralité des salles de spectacle et l’engagement politique des artistes continue de diviser profondément le milieu musical américain.