Le président vénézuélien Nicolás Maduro accuse des groupes extrémistes locaux d’avoir planifié un attentat à la bombe contre l’ambassade des États-Unis à Caracas, dans le but, selon lui, de justifier une intervention militaire américaine. Cette accusation intervient alors que les tensions entre les deux pays s’intensifient et que Washington semble avoir renoncé à toute tentative de dialogue.
À retenir
- Le gouvernement vénézuélien affirme avoir déjoué un complot visant à attaquer l’ambassade américaine à Caracas.
- Selon Maduro, l’objectif était de faire porter le blâme de l’attaque au Venezuela et de provoquer une escalade du conflit avec les États-Unis.
- L’administration Trump aurait abandonné les négociations avec Caracas et envisagé des actions militaires plus agressives.
Contexte
Lors d’une interview télévisée diffusée lundi soir, Nicolás Maduro a déclaré que ses services de sécurité avaient été informés par deux sources, l’une nationale et l’autre internationale, de la menace d’attentat. Il a précisé que des « secteurs extrémistes de la droite vénézuélienne » étaient impliqués. Les forces de sécurité ont renforcé la surveillance de l’ambassade, qui est fermée depuis la rupture des relations diplomatiques entre Caracas et Washington en 2019, ne maintenant qu’un personnel minimal chargé de la sécurité et de l’entretien des locaux.
« Les sources ont confirmé la possibilité qu’un groupe terroriste local place un engin explosif à l’ambassade des États-Unis à Caracas », a déclaré Maduro. Il a ajouté que l’opération était soutenue par des individus dont les noms seront révélés prochainement.
Par ailleurs, des informations provenant de sources américaines indiquent que le président Donald Trump aurait mis fin aux efforts de son envoyé spécial, Richard Grenell, pour parvenir à un accord diplomatique avec le Venezuela. Lors d’une réunion au Bureau ovale jeudi dernier, en présence de hauts responsables militaires, Trump aurait demandé à Grenell de cesser tout contact avec le gouvernement de Maduro.
Ce qui change
La situation est d’autant plus préoccupante que l’administration Trump a déjà pris des mesures hostiles à l’égard du Venezuela, notamment en rompant les liens diplomatiques et en reconnaissant un chef de l’opposition comme leader du pays. En août dernier, Trump avait accusé Maduro d’être un important trafiquant de drogue et avait doublé la récompense pour sa capture, portant celle-ci à 50 millions de dollars (environ 42 millions d’euros). Des navires de guerre américains, dont un sous-marin, ont également été déployés au large des côtes vénézuéliennes, et des avions de chasse F-35 ont rejoint le dispositif militaire.
Récemment, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé la mort de quatre personnes lors d’une opération contre un navire suspecté de trafic de drogue dans les Caraïbes. Selon la Maison Blanche, ce navire était équipé de « narco-terroristes ». Des informations de CNN révèlent que le ministère américain de la Justice a préparé une liste secrète de cartels et de trafiquants de drogue présumés, ainsi qu’un avis juridique autorisant le président à ordonner l’usage de la force létale contre ces suspects en raison d’une menace imminente pour les citoyens américains.
Le Venezuela dénonce cette politique comme une campagne d’assassinats extrajudiciaires. Maduro a qualifié l’opération militaire américaine de tentative de changement de régime et a fait appel au pape Léon XIV pour qu’il contribue à préserver la paix et la stabilité dans son pays.
Prochaines étapes
À ce stade, il est difficile de prévoir l’évolution de la situation. L’administration Trump n’a pas encore décidé de lancer une offensive militaire à grande échelle contre le Venezuela, mais la possibilité reste ouverte. Il faudra surveiller de près les prochaines déclarations des deux parties et les mouvements des forces militaires américaines dans la région.
Chiffres clés
- 50 millions de dollars : Montant de la récompense offerte par les États-Unis pour la capture de Nicolás Maduro (environ 42 millions d’euros).
Sources
Déclarations du président Nicolás Maduro lors d’une interview télévisée.
Informations rapportées par l’agence de presse Reuters.
Reportages de CNN.
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