Home SantéMais au fait, comment les animaux savent-ils quand hiberner ? – Edition du soir Ouest-France

Mais au fait, comment les animaux savent-ils quand hiberner ? – Edition du soir Ouest-France

by Sophie Martin

Alors que les températures chutent et que l’hiver approche, de nombreuses espèces animales préparent leur survie en adoptant des stratégies étonnantes pour affronter le froid et le manque de nourriture. Entre hibernation et hivernation, il est facile de s’y perdre : quelles sont les différences et comment ces animaux parviennent-ils à ralentir leur métabolisme de manière aussi spectaculaire ?

La confusion entre hibernation et hivernation est fréquente. Pourtant, ces deux états sont bien distincts. L’hivernation, observée chez des animaux à sang chaud comme les ours et les castors, se caractérise par un ralentissement du métabolisme tout en restant conscient et capable de réagir rapidement en cas de danger. « L’animal peut se réveiller et réagir très rapidement », explique le site Ça m’intéresse.

L’hibernation, en revanche, est un état de sommeil profond et prolongé, proche d’un état léthargique, typique des marmottes, des loirs, des hérissons et des hamsters dorés. Pendant cette période, la température corporelle, le rythme cardiaque et la consommation d’oxygène chutent drastiquement. L’animal ne mange ni ne boit, puisant son énergie dans les réserves de graisse accumulées avant l’hiver. Un réveil peut prendre plusieurs jours, tant les fonctions vitales sont ralenties.

Plusieurs facteurs déclenchent ce processus. La baisse des températures, la réduction de la lumière du jour et la raréfaction de la nourriture sont autant de signaux qui incitent les animaux à se préparer à l’hibernation ou à l’hivernation. Ces réactions sont inscrites dans leur horloge biologique. « Certains hibernent dès qu’il fait moins de 6 °C pendant deux jours d’affilée, comme le lérot, mais il arrive que plusieurs conditions régulent la plongée dans ce sommeil », souligne le Muséum national d’Histoire naturelle. La majorité des animaux concernés s’endorment entre novembre et février.

Des chercheurs de l’Université de Yale (États-Unis) ont récemment étudié les mécanismes moléculaires qui permettent aux petits mammifères d’hiberner. Ils se sont concentrés sur le récepteur TRPM8, responsable de la sensation de froid. Leurs observations ont révélé que ce récepteur est moins sensible au froid chez les rongeurs hibernants. « Si ces animaux avaient froid, ils ne pourraient pas hiberner, car leur système sensoriel indiquerait au reste du corps qu’il faut avant tout se réchauffer », explique Elena Gracheva, co-auteure de l’étude, dans Sciences et Avenir.

L’hibernation ne se limite pas aux mammifères. On la retrouve également chez certains reptiles, comme les serpents et les tortues, ainsi que chez des amphibiens tels que les crapauds et les grenouilles. La grenouille des bois, par exemple, peut même geler complètement pendant l’hiver et dégeler au printemps. Chez les oiseaux, seule l’engoulevent de Nuttall est capable d’hiberner. Les chauves-souris, bien que mammifères, adoptent également cette stratégie. Enfin, chez les crocodiles, à sang froid, l’équivalent de l’hibernation est appelé la brumation : leur métabolisme ralentit et ils se réfugient dans l’eau, dont la température est plus clémente.

Un dernier point : les animaux qui hibernent n’ont pas besoin de se soulager pendant leur sommeil prolongé, car leur activité métabolique est drastiquement réduite, limitant ainsi la production de déchets.

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