Home MondeMalgré la pression des États-Unis, le chavisme intensifie la répression et étend l’emprisonnement des dissidents

Malgré la pression des États-Unis, le chavisme intensifie la répression et étend l’emprisonnement des dissidents

by Clara Dubois

Publié le 6 décembre 2025 à 00h41. Alors que Donald Trump laisse entendre un possible départ de Nicolás Maduro, le régime vénézuélien intensifie sa répression contre l’opposition, avec des arrestations arbitraires et des condamnations opaques, malgré les pressions internationales.

  • Le gouvernement vénézuélien a intensifié la répression contre les critiques, les militants et les dirigeants de l’opposition.
  • José Elías Torres, secrétaire général de la Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV), a été arrêté et son sort reste inconnu.
  • L’ancien député Fernando Orozco a disparu, et sa famille a également été appréhendée.

Malgré les déclarations de Donald Trump, qui a affirmé mardi qu’il “sera” question du départ de Nicolás Maduro, le président vénézuélien ne montre aucun signe d’ouverture face au déploiement militaire de son pays dans les Caraïbes. Au contraire, il affiche une attitude provocatrice, illustrée par une vidéo où il danse sur un remix de ses propres phrases en anglais.

Le régime chaviste semble déterminé à maintenir son emprise sur le pouvoir, quelles que soient les circonstances ou les pressions extérieures. Au lieu d’envisager des concessions, comme la libération de prisonniers politiques ou des garanties en matière de droits de l’homme, il renforce sa politique de répression.

La semaine dernière, José Elías Torres, secrétaire général de la CTV, a été arrêté. Ses proches ont effectué des recherches dans divers centres de détention, mais les autorités restent muettes sur son sort. Pedro Arturo Moreno, secrétaire exécutif de la CTV, a déclaré aux médias que l’absence de réponse des autorités est particulièrement inquiétante.

Parallèlement, l’ancien député Fernando Orozco, du parti Voluntad Popular, a disparu il y a une semaine. Le parti a dénoncé l’arrestation de sa famille, une pratique connue sous le nom de Sippenhaft, qui consiste à détenir les proches d’une personne recherchée.

« Fernando a disparu et ses proches (dont deux souffrent de problèmes de santé graves) ont été détenus sans décision judiciaire. Ils punissent des innocents pour semer la terreur. Nous exigeons leur libération immédiate. »

Voluntad Popular (via X)

La répression ne se limite pas aux figures de l’opposition. Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a signalé l’arrestation du journaliste José Serna, de Noti 365, dans l’État de Zulia. Il a été appréhendé alors qu’il travaillait et détenu pour avoir publié une vidéo montrant un nid-de-poule sur une avenue. Il a été libéré jeudi.

Selon l’ONG Foro Penal, plus de 800 prisonniers politiques seraient actuellement détenus au Venezuela. Parmi eux, Rafael Tudares, le gendre d’Edmundo González, a été condamné à 30 ans de prison lors d’un procès opaque, accusé de terrorisme et de complot. Il est porté disparu depuis près d’un an, après avoir été approché par la police alors qu’il emmenait ses filles à l’école.

« 11 mois se sont écoulés depuis la détention arbitraire et la disparition forcée de mon mari, Rafael Tudares Bracho. Aujourd’hui, 2 décembre 2025, dans la nuit, j’ai pris connaissance d’informations non officielles publiées sur les réseaux sociaux et dans certains médias numériques, sur la prétendue peine qui aurait été infligée à mon mari, Rafael Tudares Bracho, à la peine maximale de 30 ans de prison, pour des délits présumés qui auraient été déterminés sur la base de prétendus faits attribués à mon mari, qui ne correspondent pas à la vérité. »

Mariana González, épouse de Rafael Tudares et fille d’Edmundo González

Ces arrestations et condamnations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et de pressions internationales croissantes sur le régime de Maduro.

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