Publié le 11 décembre 2023. Une mère, désespérée par le manque de prise en charge psychiatrique pour sa fille de six ans, alerte sur la gravité de la situation et les difficultés à obtenir de l’aide face à des comportements suicidaires.
- Une mère témoigne de la détresse de sa fille, qui a exprimé des intentions suicidaires et a menacé de s’infliger des blessures.
- Elle dénonce le manque de ressources en santé mentale pour les jeunes enfants et les conseils jugés inadaptés prodigués par les services compétents.
- Malgré ses demandes répétées, la fillette n’a pas été prise en charge par les services de santé mentale, jugée trop jeune pour souffrir de troubles psychologiques.
La situation est devenue critique. Une mère, souhaitant rester anonyme, décrit une réalité terrifiante : regarder sa fille, du haut de ses six ans, sombrer dans des accès de rage où son regard se vide de toute expression. Elle raconte avoir vu, dans les yeux de son enfant, un « noir complet » lors de ces crises.
« Ce qui me préoccupe, c’est le manque de soins de santé mentale pour les enfants, » confie-t-elle. « J’ai demandé de l’aide. Je demande de l’aide. Qui a dit qu’un enfant était trop jeune pour avoir une santé mentale ? »
La mère explique avoir reçu des conseils qu’elle juge dérisoires et impossibles à appliquer. On lui a suggéré de cacher les couteaux de cuisine et de mettre les tabourets hors de portée, alors que sa fille, agile et déterminée, trouve toujours le moyen de contourner ces mesures de sécurité. Elle se sent désemparée, passant de service en service sans trouver de solution.
L’incident qui a déclenché l’alerte est particulièrement glaçant. La fillette a brandi un couteau aiguisé, le pointant vers elle-même, et a dit à sa mère : « Dis au revoir ». Malgré cette situation d’urgence, les services de santé mentale pour enfants et adolescents (CAMHS) ont refusé de l’examiner, estimant qu’elle était trop jeune pour souffrir de troubles psychologiques. L’école avait pourtant déjà signalé des propos suicidaires de l’enfant, évoquant des tentatives d’automutilation avec des crayons.
La situation a empiré lorsque la fillette a menacé de se suicider et de tuer sa mère. La mère se sent abandonnée, livrée à elle-même face à la détresse de son enfant. Elle déplore l’absence de prise en charge adaptée et l’impression que les services compétents se défaussent les uns sur les autres.
« On m’a dit : ‘Il faut mettre le couteau haut’. Cette enfant est agile, elle sait grimper. ‘Eh bien, il faut déplacer les tabourets’. Elle n’a pas besoin d’un tabouret pour grimper », témoigne-t-elle, exaspérée. « Je comprends qu’en tant que parent, je dois assurer sa sécurité. Mais il y a un endroit où cela cesse de devenir facile. Quand un enfant fait des choses à plusieurs reprises, c’est évidemment dangereux. Je ne suis pas formé en santé mentale. Il doit y avoir une sorte d’aide. »
Contacté, un porte-parole du Western Health and Social Care Trust a déclaré que le service CAMHS ne pouvait pas commenter des cas individuels pour des raisons de confidentialité. Il a précisé que le service était aligné sur le parcours régional de soins intégrés du CAMHS et respectait les normes établies, notamment un modèle de soins par étapes visant à orienter les jeunes vers le service le plus approprié en fonction de leurs besoins. Le service dispose de processus de triage clinique pour évaluer les références et garantir que les enfants reçoivent les soins appropriés.
Le porte-parole a également souligné l’importance de la collaboration avec d’autres services et la nécessité d’orienter les jeunes vers le soutien le plus adapté à leur situation. Si CAMHS estime qu’un autre service est plus approprié, il en informe l’agent référent et les parents, en expliquant les raisons de cette décision.
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