La course à la mairie de New York s’annonce périlleuse, alors qu’un programme radical pourrait compromettre des décennies de progrès. L’élection de Zohran Mamdani, candidat démocrate, pourrait précipiter la ville dans une spirale de déclin, selon des observateurs inquiets.
L’histoire de New York regorge d’exemples de mandats municipaux aux conséquences durables, bonnes ou mauvaises. Un ancien rédacteur politique du New York Times, Sheldon Binn, avait une règle simple pour évaluer les hommes politiques : « La seule chose que je demande, c’est qu’ils n’aggravent pas les choses. C’est le mieux que vous puissiez espérer. » Cette approche, qui pouvait sembler cynique à un jeune journaliste idéaliste, paraît aujourd’hui plus pertinente que jamais.
Les propositions de Mamdani suscitent de vives critiques. Ses politiques pourraient entraîner une augmentation de la criminalité, des dépenses publiques incontrôlées et une détérioration des services publics. Il promet d’augmenter les impôts, ce qui, selon ses détracteurs, provoquerait la fuite des entreprises et des familles. Ses déclarations à l’égard d’Israël ont également été qualifiées d’inacceptables par certains, compte tenu de l’importance de la communauté juive à New York.
Parmi les mesures les plus controversées figure la fermeture de la prison de Rikers Island sans solution alternative pour héberger les 7 000 détenus. Un tel scénario, préviennent les critiques, conduirait à une dégradation rapide de la qualité de vie pour les habitants, les travailleurs et les visiteurs de la ville.
Le programme de Mamdani est comparé aux expériences socialistes ayant échoué dans d’autres pays, comme Cuba et le Venezuela, où une partie importante de la population a choisi de s’exiler. « Si le socialisme est bon et le capitalisme est mauvais, pourquoi personne, y compris les célébrités qui détestent Trump, ne quitte l’Amérique pour vivre à Cuba ou au Venezuela ? » s’interroge l’auteur.
L’ancien gouverneur Andrew Cuomo est présenté comme une alternative plus pragmatique, bien qu’imparfaite. Selon le critère de Binn, il serait le candidat le moins susceptible d’aggraver la situation. L’expérience de Mamdani, à 34 ans, est jugée insuffisante pour relever les défis complexes auxquels New York est confrontée.
L’histoire new-yorkaise offre des précédents inquiétants. En 1975, la ville était au bord de la faillite, et le président Ford avait refusé de lui accorder une aide financière. Cette crise était le résultat de huit années de dépenses excessives et d’une augmentation de la criminalité sous le mandat du maire John Lindsay. Le nombre de meurtres avait triplé entre le début et la fin de son mandat.
L’arrivée d’Abe Beame à la mairie en 1973 n’avait fait qu’aggraver la situation, conduisant à des coupes budgétaires drastiques et à une nouvelle flambée de la criminalité. Des centaines de milliers de personnes ont quitté la ville, principalement vers les banlieues et la Floride.
Le tournant s’est produit avec l’élection d’Ed Koch en 1977, qui a mis en œuvre des mesures audacieuses pour réduire les dépenses et renforcer la sécurité publique. Son succès a été salué par le sénateur Daniel Patrick Moynihan, qui a déclaré que Koch avait montré à tous qu'”il y avait quelqu’un aux commandes”.
L’âge d’or de New York a débuté avec le mandat de Rudy Giuliani en 1994, qui a pleinement financé et utilisé efficacement les forces de police, en adoptant la théorie des « fenêtres brisées » pour lutter contre la petite délinquance. Le nombre de meurtres a chuté de 60 % en quatre ans, et cette tendance s’est poursuivie sous les mandats de Mike Bloomberg.
Le mandat de Bill de Blasio, qualifié de « pire maire depuis Beame », a marqué un retour en arrière, avec une augmentation de la criminalité et une détérioration de la qualité de vie. Le fait que Mamdani considère de Blasio comme son maire préféré est perçu comme un signal d’alarme.
Les sondages récents montrent Mamdani en tête de la course, ce qui rappelle une définition de la folie : « Faire la même chose encore et encore et s’attendre à un résultat différent. » Les observateurs appellent les New-Yorkais à ne pas répéter les erreurs du passé.
