Publié le 29 décembre 2025 16h00. Une étude suédoise de grande envergure suggère un lien inattendu entre la consommation régulière de fromages gras et une réduction du risque de démence, ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur l’impact de l’alimentation sur la santé cérébrale.
- La consommation quotidienne d’au moins 50 grammes de fromages riches en matières grasses (cheddar, brie, gouda) est associée à un risque de démence inférieur d’environ 13 %.
- Une consommation d’au moins 20 grammes de crème entière par jour pourrait réduire le risque de démence de 16 %.
- L’étude souligne qu’il s’agit d’une corrélation statistique et non d’une preuve de causalité directe.
Des scientifiques de l’Université de Lund ont mis en évidence une relation surprenante entre certains produits laitiers et la santé du cerveau. Leurs travaux, publiés dans la revue Neurology, reposent sur l’analyse des données de près de 28 000 personnes suivies pendant jusqu’à 25 ans. Dans un domaine où les recommandations nutritionnelles évoluent constamment, cette recherche invite à une réflexion approfondie sur l’influence de notre alimentation sur le vieillissement cognitif.
L’étude, d’une ampleur considérable, a combiné des questionnaires détaillés sur les habitudes alimentaires, des journaux alimentaires précis et des entretiens individuels. Ces informations ont été croisées avec les cas de démence diagnostiqués au fil des décennies. Les participants avaient un âge moyen d’environ 58 ans au début de l’étude, lancée dans les années 1990. Grâce à une méthodologie rigoureuse et à une observation attentive, les chercheurs ont cherché à établir un lien entre la consommation de différents types de produits laitiers et l’apparition ultérieure de troubles cognitifs.
Fromage, oui, mais pas de lait
Les résultats les plus marquants révèlent que les personnes consommant au moins 50 grammes de fromages gras par jour (contenant plus de 20 % de matières grasses, comme le cheddar, le brie ou le gouda) présentaient un risque de démence réduit d’environ 13 %, comparativement à celles qui en consommaient moins de 15 grammes. Cette réduction du risque était encore plus prononcée dans le cas de la démence vasculaire, atteignant jusqu’à 29 % chez les consommatrices et consommateurs réguliers de ces fromages affinés.
Parallèlement, une consommation quotidienne d’au moins 20 grammes de crème entière (avec une teneur en matières grasses de 30 à 40 %) était également associée à une incidence plus faible de démence, avec une diminution du risque de 16 % chez les personnes l’intégrant à leur régime alimentaire. En revanche, aucun lien statistiquement significatif n’a été observé entre la consommation d’autres produits laitiers tels que le lait (entier ou écrémé), le yaourt ou le beurre et le développement de troubles cognitifs.
Corrélation, pas causalité
Malgré ces chiffres encourageants, les chercheurs insistent sur la nécessité d’interpréter ces résultats avec prudence.
« La nature observationnelle de notre étude ne nous permet pas d’établir une relation de cause à effet directe. »
Emily Sonestedt, auteure principale de la recherche
Autrement dit, il est impossible d’affirmer avec certitude que le fromage ou la crème protègent contre la démence. Il s’agit plutôt d’une corrélation statistique qui a été identifiée.
Il est possible que les personnes qui consomment régulièrement ces produits aient également d’autres habitudes de vie saines, comme une activité physique accrue ou une alimentation globalement équilibrée, qui contribuent à leur bonne santé cognitive. Les chercheurs ont tenu compte de ces facteurs dans leurs analyses statistiques, mais il est difficile d’éliminer complètement leur influence.
Ces résultats ne remettent pas en question les recommandations actuelles concernant les risques cardiovasculaires liés à la consommation de graisses saturées dans certains contextes. Ils invitent cependant à reconsidérer le rôle de ces graisses, notamment celles issues des produits laitiers fermentés, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée. Les auteurs suggèrent que la relation entre la consommation de fromage gras et un risque moindre de démence vasculaire pourrait être liée à des effets indirects, tels qu’une amélioration de la santé vasculaire globale.
D’autres mécanismes, encore mal compris, pourraient également être en jeu. En conclusion, cette étude suédoise apporte une nouvelle perspective intéressante dans le débat complexe entre science et nutrition, soulignant que toutes les graisses ne se valent pas et que les contextes métaboliques, sociaux et alimentaires doivent être pris en compte.
