Home NouvellesManifestation palestinienne non autorisée à Berne: violences et dégâts matériels

Manifestation palestinienne non autorisée à Berne: violences et dégâts matériels

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 octobre 2025, 14h50. Des affrontements violents ont éclaté samedi à Berne entre manifestants et forces de l’ordre lors d’une marche non autorisée pro-palestinienne, marquant une escalade des tensions et faisant craindre de nouvelles perturbations.

  • Plusieurs milliers de personnes ont participé à la manifestation, initialement pacifique, qui a dégénéré en affrontements avec la police.
  • Les manifestants ont attaqué les forces de l’ordre avec des pierres et des lasers, tandis que la police a riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.
  • 18 policiers ont été blessés lors des émeutes, et d’importants dégâts matériels ont été constatés dans le centre-ville.

La manifestation de samedi s’inscrit dans le cadre d’une « semaine nationale d’action » appelée par le groupe Climate Strike Suisse, en soutien à la Palestine et en mémoire du massacre de civils israéliens par le Hamas il y a deux ans. L’événement avait suscité l’attention et l’enthousiasme sur les réseaux sociaux, mais les organisateurs avaient refusé de demander une autorisation officielle.

Le groupe avait même annoncé une approche radicale, déclarant : « Nous ne garderons pas le silence. Nous ne serons pas polis. Nous ne serons pas pacifiques. » Des appels similaires, circulant sur d’autres plateformes pro-palestiniennes et d’extrême gauche, ont glorifié le « déluge d’Al-Aqsa » (le nom donné par le Hamas à son attaque du 7 octobre) et banalisé la violence comme un acte de « décolonisation ».

Dans l’après-midi, les prévisions se sont confirmées. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Berne. La manifestation a débuté de manière pacifique, mais a rapidement dégénéré en affrontements et en dégradations dans le centre-ville. La police, déployée en nombre important, a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule et procéder à des contrôles d’identité.

Dimanche après-midi, les représentants de la police cantonale de Berne et le directeur de la sécurité de la ville, Alec von Graffenried, ont fait le point sur les événements. Stefan Lanzrein, commandant adjoint de la police cantonale, a souligné la détermination à recourir à la violence dont ont fait preuve certains manifestants. La police s’était préparée à la manifestation, mais 18 de ses agents ont été blessés, et beaucoup ont subi un choc psychologique.

Michael Bettschen, chef régional adjoint de la police cantonale de Berne, a précisé que l’ambiance était initialement calme, mais qu’un groupe radical, le « bloc noir », s’est détaché de la foule et s’est dirigé vers le casino, provoquant des émeutes et un incendie malgré l’intervention policière. La violence a été particulièrement intense sur la place fédérale et près de la gare.

Au total, 536 personnes ont été contrôlées et brièvement détenues avant d’être relâchées. Des enquêtes sont en cours pour coups et blessures, troubles à l’ordre public, dégradations et violation de la loi sur les explosifs.

Les dégâts matériels s’élèvent à plusieurs millions de francs suisses, avec 57 bâtiments et 9 véhicules de police endommagés. Le restaurant Della Casa, l’un des plus anciens de la ville, a été sauvé de la destruction grâce à l’intervention d’un canon à eau.

Alec von Graffenried s’est dit horrifié par l’ampleur de la violence et par la détermination de nombreux manifestants à suivre le « bloc noir ». Il a qualifié la situation de problème de société et a appelé à ce que les personnes arrêtées soient condamnées pour leurs actes.

Le PS et les Verts sont restés chez eux

Berne a été le théâtre de plusieurs manifestations ces derniers mois. Fin juin, une grande manifestation pro-palestinienne s’était déroulée dans la capitale fédérale, mais elle avait été autorisée et s’était déroulée pacifiquement, avec le soutien des sociaux-démocrates, des Verts et d’Amnesty International Suisse. Le PS et les Verts n’ont pas participé à la manifestation non autorisée de samedi et n’ont pas souhaité commenter l’appel controversé.

Les Jeunes Socialistes avaient publié leur propre appel à manifester, appelant à la fin du « génocide » et de « l’occupation » israélienne, mais sans glorifier la violence du Hamas.

Amnesty International Suisse s’était également explicitement distanciée de la manifestation de samedi, tout en réaffirmant son objectif de mettre fin à l’occupation israélienne.

La critique de l’appel vient de la scène extrémiste de gauche

Bien que l’escalade ait été annoncée dans l’appel à manifester controversé, aucune critique directe n’a été formulée par les partis de gauche établis. C’est un site web connu de la scène extrémiste de gauche, « barrikade.info », qui a publié un communiqué vendredi, la veille de la manifestation.

Le communiqué accuse l’État israélien de « comportement génocidaire » et critique le « gouvernement israélien radical de droite » et la colonisation en Cisjordanie. Il critique également la « glorification » de la résistance palestinienne, affirmant que « la résistance armée palestinienne est entièrement sous le contrôle des djihadistes ». Le texte ajoute que « le massacre des Juifs n’est pas une réalité décoloniale » et que les « atrocités du Hamas » ne doivent pas être banalisées ou réinterprétées.

La lettre est signée par « quelques anarchistes », et sa représentativité au sein de la gauche suisse reste à déterminer.

Le directeur de la sécurité a demandé l’autorisation en vain

Alec von Graffenried avait tenté de contacter les organisateurs anonymes de la manifestation via les médias, leur demandant de prendre contact afin de pouvoir examiner une demande d’autorisation. Vendredi, il a annoncé que sa tentative était restée sans réponse et a regretté cette situation. La ville de Berne avait déconseillé la participation à la manifestation, et la police cantonale s’était préparée en conséquence, en faisant appel à des renforts d’autres cantons.

You may also like

Leave a Comment