Publié le 14 janvier 2026 à 21h22. Les marchés financiers argentins ont connu une journée difficile ce mercredi, pénalisés par le repli de Wall Street et des inquiétudes persistantes concernant la liquidité du marché local.
- L’indice S&P Merval a chuté de 2,8 % en pesos, clôturant à 2 950 111 points.
- Les obligations d’État en dollars ont également reculé, avec une baisse moyenne de 0,3 %.
- Le taux de risque pays de JP Morgan a augmenté, atteignant 586 points de base, son niveau le plus élevé depuis le 12 décembre.
Les actifs argentins ont affiché une fragilité persistante ce mercredi, influencée par la tendance baissière observée sur les places boursières américaines, où les principaux indices ont enregistré des pertes allant jusqu’à 1,3 %. Cette situation s’ajoute aux préoccupations liées à la capacité du gouvernement à financer ses besoins en liquidités.
Selon Investissements de portefeuille personnel, l’indice Merval oscille depuis le début de l’année autour de 2 000 dollars (environ 1 860 euros au taux de change actuel) sans parvenir à dégager une direction claire. Cette incertitude contribue à la nervosité des investisseurs.
L’attention du marché s’est particulièrement portée sur l’appel d’offres lancé par le Trésor pour des obligations à très court terme en pesos, visant à renouveler 9 600 milliards de pesos (environ 6,6 milliards de dollars). Cet appel d’offres est crucial pour évaluer les besoins de financement de l’État et la confiance des investisseurs.
Les échéances de janvier s’élèvent à environ 30 000 milliards de pesos (environ 20,8 milliards de dollars), dont la moitié est détenue par le secteur privé, selon des analystes de Reuters. Le succès de cet appel d’offres est donc primordial.
« Le Trésor doit obtenir un niveau élevé de renouvellement et une bonne demande pour les instruments proposés, afin que le marché perçoive qu’il y a de la liquidité et une volonté de continuer à financer l’État sans pression supplémentaire sur les taux ou le dollar. »
Emilio Botto, Groupe Mills Capital
Emilio Botto souligne que le maintien de la confiance financière et la prévention d’une flambée des primes de risque ou du taux de change informel sont essentiels. Cependant, la volatilité des taux à court terme suggère une rareté des liquidités sur le marché.
Les taux d’intérêt à court terme ont atteint des niveaux élevés, avec des prêts à court terme à 42 % et des placements à terme pour des montants importants à 25 % par an, alors que l’inflation a été enregistrée à 31,5 % en 2025.
Parallèlement, la Banque centrale argentine (BCRA) poursuit sa politique d’acquisition de devises sur le marché, accumulant 515 millions de dollars (environ 477 millions d’euros) au cours des premiers jours de 2026, dans le cadre de son programme visant à renforcer ses réserves.
Selon l’économiste Gustavo Ber, ces achats interviennent dans un contexte de relative stabilité des taux de change, le dollar restant dans les fourchettes prévues par le nouveau dispositif mis en place par la BCRA.
Gustavo Ber estime que les acquisitions pourraient atteindre entre 10 et 17 milliards de dollars (environ 9,2 à 15,7 milliards d’euros) au cours de l’année 2026, en fonction du degré de remonétisation de l’économie.
Une analyse de Recherche d’équilibre indique que l’inflation de décembre a été plus élevée que prévu, atteignant 2,8 % en glissement mensuel, ce qui marque une accélération par rapport à novembre. Cette hausse est principalement due à l’augmentation des prix réglementés (+3,3 % mensuellement), tandis que les prix saisonniers ont progressé plus modérément (+0,6 % mensuellement).
Malgré cette accélération, Balanz prévoit une reprise de la trajectoire descendante de l’inflation mensuelle au cours du premier trimestre 2026, à mesure que l’impact de l’augmentation des prix de la viande et du transport s’estompera. L’inflation annuelle a clôturé l’année 2025 à 31,5 %, en nette baisse par rapport aux 117,8 % de 2024.
Les marchés argentins restent également attentifs à l’évolution des marchés boursiers internationaux et aux anticipations concernant les décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) en matière de taux d’intérêt.
« En termes de politique monétaire, le taux d’intérêt se situe entre 3,50 % et 3,75 %. On s’attend à ce qu’une nouvelle baisse du taux d’intérêt soit mise en œuvre face aux risques sur le marché du travail, même si l’inflation reste supérieure à l’objectif à moyen terme, ce qui amène le réseau à évaluer chaque étape pour équilibrer son double mandat : la stabilité des prix et le plein emploi. »
Puente
Puente souligne que, compte tenu des niveaux historiquement élevés des taux d’intérêt, il pourrait être judicieux de garantir les rendements nominaux actuels.
