Les marchés boursiers américains ont clôturé en hausse le vendredi 22 mai 2026, portés par l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Le Dow Jones a atteint un nouveau record historique, tandis qu’un protocole d’accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et instaurer un cessez-le-feu de 60 jours stimule l’optimisme des investisseurs.
Le protocole d’accord pour le détroit d’Ormuz
protocole MOU Iran USA levée sanctions 2026 infographie
L’impulsion actuelle des marchés repose sur une annonce du président Trump via les réseaux sociaux. Selon ig.com, un protocole d’accord (MOU) « largement négocié » a été conclu pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce cadre diplomatique prévoit une extension du cessez-le-feu pour une durée de 60 jours.
Les termes de cet accord sont précis et visent à lever les points de friction économiques et sécuritaires. Le texte permettrait à l’Iran de vendre son pétrole librement, entraînerait la levée du blocus américain sur ses ports et accorderait des dérogations ciblées aux sanctions. Sur le plan stratégique, ce MOU doit lancer des discussions cruciales pour limiter le programme nucléaire de Téhéran, avec des engagements contraignants à ne jamais rechercher l’arme nucléaire et des négociations sur les stocks d’uranium enrichi.
L’administration Trump a toutefois tempéré l’enthousiasme initial en indiquant qu’il n’était pas nécessaire de précipiter la conclusion du deal. Cette prudence est notable, car plusieurs tentatives similaires au cours des six dernières semaines n’ont abouti à aucun résultat concret.
Des records historiques pour le Dow Jones et le S&P 500
cluster (priority): CNBC
Wall Street a transformé cet optimisme diplomatique en gains tangibles. Le vendredi 22 mai, le Dow Jones Industrial Average a progressé de 294,04 points (+0,58 %) pour clôturer à 50 579,70, marquant ainsi un nouveau record de clôture après avoir atteint un sommet intraday. Sur l’ensemble de la semaine, l’indice a bondi de 1 054 points, soit une hausse de 2,13 %.
Le S&P 500 a suivi cette trajectoire, progressant de 0,37 % pour s’établir à 7 473,47. Cette performance marque la huitième semaine consécutive de hausse pour l’indice, sa plus longue série positive depuis la fin de l’année 2023. De son côté, le Nasdaq Composite a grimpé de 0,19 % pour finir à 26 343,97, enregistrant sa septième progression en huit semaines.
Certaines valeurs technologiques ont surperformé le marché. Qualcomm s’est distinguée avec un bond de près de 12 % vendredi, portant sa hausse hebdomadaire à 18,2 %.
La psychologie du « marché de tout »
Trump says Iran deal to reopen Strait of Hormuz is "largely negotiated"
L’euphorie actuelle traduit un basculement des risques. Les investisseurs semblent désormais plus craindre de manquer une opportunité de paix que de subir les risques d’un week-end prolongé. CNBC a relayé l’analyse de Steve Sosnick, stratège en chef chez Interactive Brokers, pour décrire cet état d’esprit.
“C’est le marché de tout. Le marché vous dit aujourd’hui qu’il est bien plus inquiet de manquer une sorte de paix au Moyen-Orient que des risques liés à un long week-end.”
Steve Sosnick, stratège en chef chez Interactive Brokers, via CNBC
Cette dynamique est renforcée par des signaux diplomatiques concordants. Reuters a rapporté qu’une équipe qatarienne s’est rendue à Téhéran, en coordination avec les États-Unis, pour faciliter un accord mettant fin au conflit.
Volatilité du brut et tensions sur les obligations
cluster (priority): news.google.com
Le marché des matières premières et des obligations réagit violemment aux oscillations diplomatiques. Le vendredi, les contrats sur le Brent ont ajouté 0,9 % pour clôturer à 103,54 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a légèrement progressé de 0,3 % pour s’établir à 96,60 dollars.
Toutefois, dès l’ouverture de la semaine suivante, les contrats WTI ont chuté de 4,70 % pour atteindre 92,46 dollars, après avoir touché un point bas à 90,87 dollars. Cette volatilité reflète l’incertitude persistante : une guerre prolongée maintiendrait les prix du pétrole à des niveaux élevés, alimentant l’inflation.
L’impact s’est également fait sentir sur les bons du Trésor. Le rendement de la obligation à 30 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 2007 avant de refluer pour s’établir autour de 5,06 %. Le rendement du titre à 10 ans a, quant à lui, cédé environ 3 points de base pour atteindre 4,56 %.
L’indice PCE et les fractures au sein de la Fed
Malgré l’euphorie boursière, un indicateur économique majeur attend les marchés ce jeudi 28 mai : l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) core. C’est la mesure de l’inflation préférée de la Réserve fédérale. Le mois dernier, cet indice avait grimpé à 3,2 % sur un an en mars, son niveau le plus élevé depuis fin 2023.
L’enjeu est d’autant plus grand que le Comité fédéral du marché ouvert (FOMC) traverse une phase de division interne profonde. Lors de sa réunion de fin avril, la Fed a maintenu ses taux inchangés, mais le vote a été le plus divisé depuis 1992.
Position Dovish : Le gouverneur Miran a plaidé pour une baisse des taux.
Position Hawkish : Les présidents Hammack, Kashkari et Logan ont exprimé leur désaccord, souhaitant supprimer le langage suggérant une orientation vers l’assouplissement (« ajustements additionnels ») dans le communiqué officiel.
La majorité des responsables reste ouverte à un durcissement de la politique monétaire si l’inflation s’avère persistante, bien que la politique actuelle soit toujours considérée comme appropriée. Le marché se trouve donc à la croisée des chemins : d’un côté, un optimisme géopolitique qui pousse les indices vers des records, et de l’autre, une réalité inflationniste qui pourrait forcer la Fed à maintenir des taux restrictifs.
Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.