Le déficit de liquidité bancaire au Maroc reste élevé à 155,7 milliards de dirhams, selon le rapport hebdomadaire de BMCE Capital Global Research publié le 16 octobre 2026, marquant une légère hausse par rapport à la semaine précédente.
Le déficit de liquidité bancaire au Maroc a atteint 155,7 milliards de dirhams entre le 7 et le 14 octobre 2026, selon le rapport hebdomadaire de BMCE Capital Global Research. Cette situation reflète une pression persistante sur le marché monétaire, malgré les interventions de Bank Al-Maghrib pour stabiliser les conditions de financement. Le déficit moyen hebdomadaire a augmenté de 0,21 % par rapport à la période précédente, s’établissant à 155,7 milliards de dirhams. Les avances à sept jours de la Banque centrale ont diminué de 7,1 milliards de dirhams, atteignant 52,6 milliards de dirhams.
Le déficit de liquidité bancaire reste élevé
Le déficit de liquidité bancaire s’explique par les tensions continues sur le marché monétaire. Selon le rapport de BMCE Capital, le déficit moyen hebdomadaire a atteint 155,7 milliards de dirhams, soit une hausse modérée par rapport à la semaine précédente. Les banques marocaines doivent recourir à des opérations de refinancement pour couvrir leurs besoins de trésorerie, avec une injection de liquidités de 152,5 milliards de dirhams par Bank Al-Maghrib en septembre 2026. Les taux interbancaires, quant à eux, restent stables à 2,25 %, selon les données du 14 octobre.

Les échanges sur le marché interbancaire ont enregistré une hausse de 88,1 % en août 2026 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 29,6 milliards de dirhams. Cependant, le MONIA, indicateur clé du marché monétaire, a légèrement reculé à 2,20 % le 14 octobre, contre 2,222 % la veille. Les taux sur le marché des bons du Trésor ont connu une progression sur l’ensemble des maturités, avec une augmentation de 8,63 points de base pour les obligations à 26 semaines, atteignant 2,24 %.
Évolution des taux obligataires
Les taux obligataires ont connu une remontée générale, avec une hausse de 13 points de base sur les titres à 26 semaines, de 14,4 points sur les échéances à 52 semaines et de 9,7 points sur les obligations à cinq ans. Le taux limite des obligations à cinq ans s’est établi à 3,2296 %, tandis que le taux moyen pondéré a atteint 3,1827 %. Sur le marché secondaire, les rendements ont progressé, notamment sur les maturités longues, avec une hausse de 14,96 points de base pour les obligations à dix ans, portant leur rendement à 3,60 %.
Le Trésor a mobilisé 6,9 milliards de dirhams lors de sa dernière adjudication, avec une concentration importante sur les titres à cinq ans, qui ont représenté 5,05 milliards de dirhams levés sur 6,64 milliards proposés. Cependant, le Trésor a suspendu ses levées en octobre, malgré 4,9 milliards de dirhams de soumissions, en raison d’une trésorerie confortable. Cette décision a été expliquée par BKGR comme une opportunité de gérer les besoins de financement avec davantage de souplesse.

Les taux appliqués aux crédits aux entreprises non financières ont augmenté de 17 points de base, à 4,71 %. Cette hausse s’explique par des augmentations de 29 points de base pour les prêts à l’équipement (4,65 %) et de 16 points de base pour les facilités de trésorerie (4,62 %), tandis que les crédits à la promotion immobilière ont baissé de 2 points de base, à 5,35 %. Les taux pour les particuliers ont diminué de 15 points de base, à 5,59 %, avec des réductions de 170 points de base pour les comptes débiteurs (5,51 %) et de 13 points de base pour les crédits à l’habitat (4,53 %).
Projections et implications pour le marché
Les analystes prévoient une diminution des interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire, avec un volume d’avances à sept jours projeté à 51,8 milliards de dirhams. Sur le marché obligataire, une prudence à court terme est anticipée, avec une possible pression sur les conditions de financement en raison des importantes échéances prévues en octobre.