La police judiciaire de Berkane a interpellé, le jeudi 25 juin 2026, un individu soupçonné de préparer une attaque terroriste au Maroc. Selon le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), l’homme avait prêté allégeance à l’État islamique et projetait de mener un jihad individuel
contre des personnes et des installations vitales.
L’intervention de la police judiciaire à Berkane
L’arrestation s’est déroulée le 25 juin dans le nord-est du pays. Cette opération a été déclenchée grâce à des renseignements précis fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Les services de police ont utilisé des opérations de filature et de surveillance pour confirmer les activités du suspect avant de procéder à son interpellation.

Cette coordination illustre le mode opératoire habituel des services de sécurité marocains, où la DGST assure la collecte et l’analyse du renseignement intérieur, tandis que le BCIJ, agissant comme une police judiciaire spécialisée, se charge de l’exécution technique des arrestations et de la conduite des interrogatoires. Le BCIJ, créé pour centraliser la lutte contre le terrorisme, opère sous la supervision du ministère public pour transformer les renseignements en preuves judiciaires.
Selon Medias24, cette action s’inscrit dans une stratégie globale visant à prévenir les menaces terroristes et à protéger la sécurité des citoyens marocains. L’individu, dont l’identité et l’âge n’ont pas été communiqués, a récemment prêté allégeance au prétendu émir de l’organisation Daech.
Cibles et stratégie du « jihad individuel »
L’enquête préliminaire révèle que le suspect ne comptait pas agir dans le cadre d’une cellule structurée, mais selon le mode opératoire du jihad individuel
. Cette approche, privilégiée par certains partisans de l’État islamique, consiste à mener des attaques isolées pour contourner la surveillance des services de renseignement.

Le concept d’acteur isolé, ou « loup solitaire », est une tactique documentée où l’individu est encouragé par la propagande en ligne à agir de manière autonome. En évitant les communications avec des réseaux organisés, ces individus réduisent les traces numériques et les interactions physiques qui pourraient alerter les agences de renseignement, rendant leur détection plus complexe que celle de cellules structurées.
Le suspect visait plusieurs types de cibles sur le territoire national, comme le rapporte Barlamane.com :
- La sécurité des personnes et des citoyens.
- L’ordre public.
- Des installations vitales et des infrastructures stratégiques.
L’homme prévoyait de passer à l’action rapidement, ciblant des points sensibles du royaume dans les jours suivant son arrestation.
Le basculement après l’échec du projet au Sahel
Un détail crucial émerge des investigations : le suspect n’a pas initialement prévu de frapper au Maroc. Il avait d’abord tenté de rejoindre les rangs de l’État islamique dans la région du Sahel.
La région du Sahel, englobant des zones du Mali, du Burkina Faso et du Niger, est devenue un foyer majeur pour les affiliés d’Al-Qaïda et de l’État islamique. Le flux de combattants étrangers vers cette zone est étroitement surveillé par les autorités marocaines et internationales, qui ont renforcé les contrôles frontaliers et la surveillance des transferts de fonds pour empêcher le recrutement et le déploiement de militants.

C’est l’échec de cette tentative de départ qui a provoqué un changement de stratégie. Incapable de rejoindre le front sahélien, l’individu s’est tourné vers la planification d’attaques locales. Selon Lebrief, ce basculement vers des projets terroristes internes est une conséquence directe de son incapacité à s’expatrier pour rejoindre l’organisation.
Ce schéma souligne une tendance où des individus radicalisés, bloqués dans leurs mouvements vers des zones de conflit, redirigent leur violence vers leur propre pays.
L’enquête du BCIJ et la menace persistante
Le suspect a été placé en garde à vue sous la supervision du parquet chargé des affaires de terrorisme. Cette procédure juridique permet aux enquêteurs de maintenir l’individu en détention pour un interrogatoire approfondi, tandis que le procureur s’assure de la légalité des actes de procédure.

Le BCIJ mène actuellement des investigations approfondies pour déterminer l’étendue exacte de ses activités extrémistes. Les enquêteurs cherchent désormais à répondre à trois questions principales :
- L’existence de complices ou de relais facilitant ses contacts avec l’État islamique.
- L’identification de réseaux terroristes actifs au Maroc ou à l’étranger avec lesquels il aurait pu collaborer.
- La nature précise des préparatifs matériels engagés avant l’arrestation.
Cette arrestation intervient dans un contexte de vigilance accrue. Comme l’a souligné RFI, les autorités marocaines avaient déjà démantelé en février dernier une cellule affiliée à l’État islamique au Sahel, répartie dans neuf villes différentes.
La capacité de la DGST et du BCIJ à neutraliser cette menace avant le passage à l’acte confirme la priorité accordée par Rabat à la lutte contre l’extrémisme violent, particulièrement face à la menace hybride mêlant réseaux organisés et acteurs isolés.
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