La procréation médicalement assistée (PMA) franchit de nouvelles étapes, avec l’essor de techniques permettant de prévenir la transmission de maladies génétiques graves. Parmi celles-ci, la fécondation in vitro (FIV) à trois parents, une approche innovante qui suscite à la fois espoir et débat éthique.
Les maladies génétiques, résultant de mutations transmises d’une génération à l’autre, peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé, notamment en compliquant les grossesses. Les maladies mitochondriales, en particulier, posent un défi majeur. Elles sont causées par des anomalies de l’ADN mitochondrial (ADNmt), essentiel à la production d’énergie cellulaire.
La maternité de substitution, une pratique ancienne, a connu une évolution significative grâce aux progrès de la PMA, notamment la FIV. Elle consiste pour une femme, appelée mère porteuse, à mener une grossesse pour le compte d’une autre personne ou d’un couple, les parents d’intention. On distingue traditionnellement la maternité de substitution traditionnelle, impliquant l’insémination artificielle avec l’ovule de la mère porteuse, et la maternité de substitution gestationnelle, qui utilise la FIV avec l’embryon créé à partir des gamètes des parents d’intention.
La FIV à trois parents, également connue sous le nom de thérapie de remplacement mitochondrial (TRM) ou don de mitochondries, représente une avancée majeure. Elle vise à prévenir la transmission des maladies mitochondriales en remplaçant les mitochondries défectueuses de l’ovule de la mère par des mitochondries saines provenant d’une donneuse. Contrairement à l’ADN nucléaire, hérité des deux parents, l’ADNmt est transmis exclusivement par la mère, ce qui explique pourquoi ces maladies se transmettent généralement de la mère à l’enfant.
Les mutations de l’ADNmt se présentent sous deux formes principales : les mutations homoplasmiques, où toutes les copies de l’ADNmt sont mutées, et les mutations hétéroplasmiques, où un mélange d’ADNmt muté et normal est présent. La transmission de ces maladies est un processus complexe, encore mal compris, ce qui rend leur prévention difficile.
Deux techniques principales sont utilisées pour le don de mitochondries :
- Transfert pronucléaire : l’ADN nucléaire d’un ovule fécondé atteint d’une maladie mitochondriale est transféré dans un ovule donneur dont le noyau a été retiré, mais qui conserve des mitochondries saines.
- Transfert du fuseau : le fuseau chromosomique de l’ovule de la mère (contenant les mitochondries défectueuses) est transféré dans un ovule donneur dont le noyau a été retiré.
Une troisième technique, le transfert cytoplasmique, a été explorée dès 1997. Elle consiste à transférer une petite quantité de cytoplasme d’un ovocyte donneur à un ovocyte receveur. Cependant, elle n’élimine pas l’ADNmt muté, ce qui limite son efficacité.
L’introduction de la FIV à trois parents soulève d’importantes questions éthiques et juridiques. Les critiques s’inquiètent notamment de la modification génétique potentielle et de ses conséquences imprévisibles. La participation d’un tiers, la donneuse de mitochondries, pose également des questions sur les droits parentaux et l’identité de l’enfant. De plus, les réglementations varient considérablement d’un pays à l’autre, ce qui complique l’accès à cette technique.
Malgré ces défis, le don de mitochondries offre un espoir réel aux familles touchées par les maladies mitochondriales. Des essais cliniques et des études de recherche ont montré des résultats encourageants, avec des grossesses réussies et des naissances saines signalées dans plusieurs pays où la technique est autorisée.
La maternité de substitution et la FIV à trois parents représentent donc des avancées majeures dans le domaine de la médecine reproductive, offrant des solutions à des problèmes complexes d’infertilité et de génétique. Une réflexion éthique approfondie et un cadre réglementaire adapté sont essentiels pour garantir une utilisation responsable et un accès équitable à ces technologies.
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