Publié le 26 octobre 2023. Identifier précisément la nature d’un mal de tête est essentiel pour un traitement adapté, car derrière ce symptôme commun se cachent plus de 200 types de céphalées, dont la migraine, une maladie neurologique invalidante souvent sous-diagnostiquée.
- Plus de 200 types de maux de tête existent, allant des céphalées de tension aux migraines en passant par les névralgies du trijumeau.
- La migraine est une maladie neurologique complexe, touchant une femme sur cinq, un homme sur seize et un enfant sur onze, et figure parmi les principales causes d’invalidité dans le monde.
- Un diagnostic précis et une prise en charge adaptée, basée sur un mode de vie régulier et une bonne gestion du stress, sont cruciaux pour améliorer la qualité de vie des patients.
Selon le Dr Amaal Starling, neurologue à la clinique Mayo de Phoenix, en Arizona, il est crucial de ne pas réduire le mal de tête à un simple symptôme. « Je considère le mot « maux de tête » comme un symptôme. Les gens peuvent avoir un mal de tête comme symptôme. D’autres peuvent avoir de la fièvre. Quelles sont les causes de la fièvre ? Cela pourrait être la grippe, cela pourrait être le COVID-19. De même, il existe de nombreux troubles liés aux céphalées, tels que la migraine, les céphalées de tension, les céphalées en grappe ; ou ce que nous appelons des céphalées secondaires. »
La migraine, en particulier, est souvent mal comprise. Le Dr Starling souligne : « La migraine n’est pas qu’un mal de tête », précisant qu’il s’agit d’une maladie neurologique complexe qui, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, est une cause majeure d’invalidité à l’échelle mondiale.
Les céphalées de tension, quant à elles, sont les plus courantes. Le Dr Starling explique : « La céphalée de tension est la céphalée la plus courante ou la plus répandue dans le monde. Le mal de tête est d’intensité légère ou modérée et ne présente aucun symptôme associé tel qu’une sensibilité à la lumière, au son, à l’odeur, au mouvement, des nausées ou des vomissements. » Ces maux de tête, souvent soulagés par des analgésiques en vente libre, conduisent rarement les patients à consulter un spécialiste.
D’autres types de céphalées, plus spécifiques, nécessitent une attention particulière. La céphalée en grappe, par exemple, se caractérise par une douleur intense et unilatérale, souvent accompagnée de rougeurs oculaires, de larmoiements et de congestion nasale. La névralgie du trijumeau, elle, provoque des douleurs brèves et lancinantes au niveau de la mâchoire ou du visage, déclenchées par des stimuli simples comme parler ou manger. « La névralgie du trijumeau est située plus bas, au niveau de la mâchoire. La qualité de la douleur est très différente. C’est comme un choc électrique ou une douleur lancinante. » explique le Dr Starling.
Un sous-diagnostic important persiste, notamment en ce qui concerne la migraine. « La grande majorité des migraines ne sont pas diagnostiquées et donc insuffisamment traitées », alerte le Dr Starling, évoquant un manque de consultation médicale, une normalisation due aux antécédents familiaux et une certaine stigmatisation, en particulier chez les femmes. « La migraine est un trouble douloureux et est également plus fréquente chez les femmes. Il y a un degré élevé de stigmatisation. »
La présence d’un aura, un symptôme neurologique transitoire affectant la vision (éclairs, lignes ondulées), précède la migraine dans 25 à 30 % des cas. Le Dr Starling précise que la cause et le déclencheur de la migraine sont deux choses distinctes : « La migraine est une fonction anormale du cerveau et des mutations génétiques peuvent rendre une personne vulnérable à la maladie. Ensuite, il y a plusieurs déclencheurs. » Les fluctuations hormonales, notamment les variations des niveaux d’œstrogènes chez les femmes, sont également des facteurs importants.
En matière de traitement, le Dr Starling recommande une approche personnalisée. Elle souligne l’importance d’un mode de vie régulier, qu’elle résume dans l’acronyme SEEDS : sommeil (7 à 10 heures par nuit), exercice physique régulier (20 à 30 minutes d’exercices aérobiques au moins trois à cinq fois par semaine), alimentation saine, hydratation adéquate et gestion du stress (pleine conscience, thérapie cognitivo-comportementale). Elle encourage également à tenir un journal des maux de tête pour identifier les schémas et les déclencheurs.
Les options thérapeutiques varient des médicaments oraux et injectables aux appareils de neuromodulation externes. En cas de crise aiguë, les triptans et l’halopéridol sont souvent utilisés, tandis que la prévention peut impliquer des médicaments quotidiens, des injections mensuelles ou trimestrielles, ou de la toxine onabotulique A. Le Dr Starling insiste sur la nécessité de persévérer : « Ce n’est pas parce que la première ou la deuxième option ne fonctionne pas que vous devez abandonner. Continuez à travailler avec votre médecin. »
Enfin, le Dr Starling conseille de préparer une liste de questions et de symptômes avant une consultation, et de ne pas hésiter à demander un deuxième avis si le diagnostic ou le traitement proposé ne sont pas satisfaisants. « Si vous n’avez pas reçu de diagnostic correct ou si des options de traitement spécifiques ne vous ont pas été proposées pour la migraine, je vous recommande de trouver un nouveau professionnel. N’abandonnez pas à ce stade. »
