Publié le 29 septembre 2025 18:51:00. La maladie du foie gras non alcoolique (MASLD), de plus en plus liée à l’obésité et à une mauvaise alimentation, touche une part croissante de la population. Des experts soulignent l’importance de la prévention et de la perte de poids, même modérée, pour inverser cette tendance.
- La perte de poids, même modérée (3 à 5 %), peut mettre la MASLD en rémission, y compris chez les personnes ayant un poids normal.
- Le régime méditerranéen est particulièrement recommandé pour prévenir et traiter cette maladie.
- Bien que prometteurs, les compléments alimentaires ne sont pas actuellement recommandés dans le cadre du traitement de la MASLD.
Le risque de maladie hépatique stéatotique (MASLD), anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique, est en augmentation, notamment en raison de la prévalence croissante du dysfonctionnement métabolique, de l’obésité et d’une alimentation riche en sucres et en graisses. Selon le Professeur Dr. Julia Seiderer-Nack, interniste à Munich spécialisée en nutrition, une consommation excessive de fast-food, d’aliments ultra-transformés, de viande rouge et de charcuterie, ainsi qu’une forte teneur en fructose dans l’alimentation, sont également des facteurs de risque importants. Cette information a été présentée lors du congrès Médecine viscérale 2025 à Leipzig.
La prévention, selon le Professeur Seiderer-Nack, repose sur un mode de vie sain, incluant l’évitement de l’obésité, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et l’abstinence de tabac et d’alcool. Ces mêmes principes s’appliquent également au traitement de la MASLD.
Les recommandations des sociétés européennes spécialisées en hépatologie, diabète et obésité préconisent une perte de poids d’au moins 5 % chez les patients atteints de MASLD et en surpoids ou obèses, afin de réduire la stéatose. En cas de stéatohépatite associée au dysfonctionnement métabolique (MASH) et pour ralentir la progression de la fibrose hépatique, une perte de poids de 7 à 10 % est nécessaire. La combinaison d’une alimentation hypocalorique et d’une activité physique régulière permet non seulement de réduire la stéatose et la fibrose, mais aussi de diminuer les risques de maladies coronariennes , de diabète de type 2 et de sarcopénie.
Une perte de poids modérée de 3 à 5 % peut même induire une rémission de la MASLD chez les patients ayant un poids normal, a ajouté le Professeur Seiderer-Nack.
En matière de régime alimentaire, les directives allemandes recommandent un apport calorique quotidien de 1 200 kcal pour les femmes et de 1 400 kcal pour les hommes. Il n’est pas encore clairement établi si les régimes pauvres en glucides ou en graisses sont plus efficaces. Il est toutefois essentiel de veiller non seulement à réduire la quantité de calories consommées, mais aussi à la qualité de l’alimentation. Si l’apport en glucides est réduit, il est important de ne pas restreindre excessivement l’apport en fibres. De même, avec un régime pauvre en graisses, il est crucial de privilégier les bonnes graisses.
Le régime méditerranéen est particulièrement recommandé par les directives européennes pour la MASLD, en raison de ses effets positifs sur la prévention du diabète et des complications cardiovasculaires liées au surpoids et à l’obésité. Ce régime est facile à mettre en œuvre et privilégie la consommation d’aliments peu transformés. Il est également conseillé de limiter au maximum la consommation d’aliments transformés et ultra-transformés, ainsi que de sucre.
Concernant les perspectives de traitement, un peu moins d’un tiers des patients atteints de MASLD/MASH parviennent à réduire leur poids de plus de 5 % grâce à des mesures liées au mode de vie. Cependant, un patient sur cinq retrouve son poids initial 12 mois après avoir réussi à perdre du poids. C’est pourquoi, selon le Professeur Seiderer-Nack, la plupart des patients ont besoin d’une approche thérapeutique multimodale, incluant des médicaments, des options chirurgicales, une thérapie comportementale et un accompagnement personnalisé.
En Allemagne, trois traitements de santé numériques (DIGA) sont actuellement disponibles pour soutenir les changements de mode de vie et sont remboursés par l’assurance maladie pour certaines indications : Vitadio pour le diabète sucré, ainsi que Zanadio et OVIVA pour l’obésité de grade I/II. À l’heure actuelle, aucune de ces applications n’est spécifiquement indiquée pour la MASLD ou la MASH.
Enfin, il n’existe actuellement aucune recommandation pour la prise de suppléments en vitamine E, antioxydants, choline/carnitine ou acides gras oméga-3 dans le cadre du traitement de la MASLD. L’abstinence d’alcool est, en revanche, fortement recommandée pour réduire le risque de morbidité et de mortalité hépatiques et extrahépatiques. La consommation régulière de café, avec ou sans caféine, semble avoir un effet protecteur, avec une recommandation de plus de 3 tasses par jour pour protéger contre la MASLD et la fibrose.
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