Publié le 9 novembre 2025 à 20h57. Une activité physique régulière, même modérée, pourrait ralentir le déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer, selon une étude de longue haleine menée par des chercheurs américains.
- Marcher entre 3 000 et 7 500 pas par jour est associé à un ralentissement du déclin cognitif chez les personnes à risque de développer la maladie d’Alzheimer.
- L’étude a révélé que l’activité physique semble agir en ralentissant l’accumulation de la protéine tau dans le cerveau, plutôt qu’en modifiant la pathologie amyloïde.
- Les résultats sont basés sur l’observation de près de 300 patients précliniques atteints de la maladie d’Alzheimer pendant 14 ans.
Des scientifiques du Mass General Brigham à Boston, dirigés par Wai Ying Wendy Yau et Jasmeer Chhatwal, ont suivi pendant 14 ans 294 patients âgés de 50 à 90 ans présentant des signes précoces de la maladie d’Alzheimer, mais sans symptômes cliniques apparents. Ces participants présentaient une accumulation de protéines tau et bêta-amyloïde dans le cerveau, des marqueurs biologiques associés à la détérioration cognitive.
L’étude, publiée dans la revue Nature Medicine, a mis en évidence une corrélation significative entre le nombre de pas quotidiens et la vitesse de déclin cognitif. Les chercheurs ont constaté que plus l’activité physique était importante, plus le déclin cognitif était lent. Ils recommandent aux adultes atteints de la maladie d’Alzheimer de viser entre 5 000 et 7 500 pas par jour.
Jusqu’à présent, peu de recherches avaient examiné objectivement l’impact de l’activité physique sur ces biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer sur une période aussi longue. Cette étude apporte donc des éléments nouveaux et importants.
L’équipe de recherche a analysé les données de participants inclus dans la Harvard Brain Aging Study, en combinant les mesures d’activité physique obtenues grâce à des podomètres, l’imagerie TEP longitudinale de l’amyloïde et du tau, et des évaluations cognitives annuelles sur une période de 14 ans.
Selon les résultats, une activité physique accrue est associée à un déclin cognitif plus lent lié à l’amyloïde. Plus précisément, les chercheurs ont observé que les bénéfices de l’activité physique sont liés à un ralentissement de l’accumulation de la protéine tau, qui forme des enchevêtrements neurofibrillaires perturbant le fonctionnement des neurones et entraînant leur mort. L’activité physique ne semble pas avoir d’effet significatif sur les changements liés à la pathologie amyloïde.
Pour en savoir plus sur cette étude, vous pouvez consulter l’article complet dans Diario Médico.